ACTE TROISIÈME
ANDRÉE
Nous croyions que le bateau d'Honfleur n'arrivait ^u'à dix heures.
MADAME GERVAIS
Je ne suis pas venue par Ronfleur.
A^'DRÉE
Mais vous aviez écrit...
Oui, mais j'ai changé d'avis, lorsqu'on m'a dit que le chemin de fer n'allait pas à Ronfleur.
ANDRÉE
Nous ne pouvions prévoir ce changement.
MADAME GERVAIS
C'est à ton père surtout que j'en veux.
ANDRÉE
Mon père, dans ce moment, est sur le quai à vous attendre inutilement.
MADAME GERVAIS
Tant mieux ! ça lui apprendra à ne pas se trouver à mon arrivée. Et puis, moi, je suis allée à votre ancienne maison, où je n'ai trouvé personne, pas même de portier, puisqu'on n'en a pas au Havre. Ah çà ! pourquoi n'a-t-on pas de portiers au Havre? Il me semble que je ne pourrais jamais m'en passer. Je ne sais pas trop à quoi ils servent; mais il faut qu'il:î soient bien nécessaires, car ils ont bien des inconvénients. J'ai questioniié ias voisins, qui m'ont dit que
\0'i JEAN BAUDRY.
VOUS étiez à Graville, chez monsieur Baudry. Expliquemoi donc pourquoi vous êtes chez monsieur Baudry.
JEAN BAUDRY, s'avancant.
Madame...
MADAME GERVAIS
Ah ! monsieur Baudry. Excusez-moi d'entrer chez vous comme une bourrasque.
Madame, vous êtes chez vous,
MADAME GERVAIS
C'est la faute de cette petite fille et de son père, qui n'ont pas jugé convenable de se déranger pour moi et qui me forcent de venir les chercher jusqu'ici.
(Olivier parait à la purle.)
Madame, monsieur Bruel va revenir; en son absence, permettez-moi de vous présenter le mari de mademoiselle Andrée.
MADAME GERVAIS
Son mari!
Oh ! son futur. Entre donc, Olivier.
MADAME GERVAIS
Monsieur Olivier! (Aiiant à lui.) Je le savais bien, moi, que vous aimiez Andrée!
ANDRÉE
Ma tante 1