‹ Jean BaudryChapitre 67 sur 72 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Que voulez- VOUS à mademoiselle Andrée?

OLIVIER, à part.

Lui!

JEA^" BAUDRY.

Je croyais que vous n'étiez plus dans cette maison.

OLIVIER

J'avais oublié...

Ne mentez pas !

Monsieur !

Malheureux ! c'est donc vrai ? J'en doutais encore. 2e ne pouvais croire à tant de honte. Tu vois, ton action est si abominable que tu es obligé de la nier, oui, de mentir, et que, même toi qui es capable de la faire, tu n'es pas capable de la dire !

OLIVIER

Eh bien, non! je ne mentirai pas. A?sez d'hypocrisie Oui, je suis venu pour elle.

Qu'espérais-^? La trouver peut être?

m JEAN BAUDRY.

OLIVIER

Ou la faire venir.

Et alors l'effrayer, la troubler de la menace d'un scandale? et, si elle n'obéissait pas, rester, te faire surprendre par les domestiques, la compromettre, déshonorer une jeune fille et votre père!

OLIVIER

Je l'aime. Je l'aimais avant de savoir que vous pensiez à elle. Je n'ai pas cessé de l'aimer à la minute, c'est vrai, voilà mon crime. Je l'adore, et je viens vous la disputer. Je sais que c'est mal. Croyez-vous que je me donne raison? Ce soir, je me dévouais, je m'en allais, il ne fallait pas me chasser. Maintenant, la passion m'a repris. Je n'y peux rien, j'ai dans le cœur une démence qui me mène où il lui plaît. Ce n'est pas à moi que vous parlez, c'est à un fou. Tuez-moi si vous voulez, je l'aime. Personne n'existe plus. Il n'y a plus de protecteur ni d'obligé, de père ni de fils; il y a un jeune homme...

Ah! oui.

OLIVIER

Il y a un jeune homme et une jeune fille, et l'amour qui commande!

Un jeune homme, oui ! Je m'attendais à ce mot. — Oui, tu es un jeune homme, toi ! tu as des compensa-

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