I "I ES HISTORIENS DE CALVIN 7 2 I
médiocrité spirituelle des nouveaux pasteurs de Genève; mais on pourrait lui reprocher enc
de n'avoir pas assez nettement formulé cette conclusion '. »
Dernier exemple. A propos de la réconciliation de Mo I nielius, malgré le simple exposé
qu'il donne et qui est si avantageux aux Réformateurs bannis, ne voit pas les sentiments si honorables dont ils tirent preuve: « De même, nous aurions aimé à \<>ir M. Cornélius exprimer avec plus de liberté son jugement sur la condescendance dont Farel et Calvin tirent preuve en mars 1539, lors de la réconciliation qui intervint entre eux et les prédicateurs genevois.... ("est pour prévenir le péril du schisme, que le bouillant larel, tout offensé qu'il était, lait, dans une lettre à Kunz de Berne, les premiers pas en vue d'une réconciliation; c'est dans cet intérêt que l'intraitable Calvin réprime le zélé de ses partisans au risque de se taire accuser de papisme par les plus zélés d'entre eux, les exhorte publiquement à reconnaître l'autorité des pasteurs de Genève, et finit par prendre la défense de cette Eglise contre le cardinal Sadolet, qui prétendait ramener au catholicisme des protestants aussi mécontents de leur Réformation. On pourrait soutenir peut-être que, pour gain de paix, Calvin dépassa ici ou là dans cette affaire la mesure des concessions légitimes, mais il est si rare [?] qu'il mérite un reproche de ce genre, et surtout sa réputation d'intransigeance est si bien établie dans l'opinion de la postérité, qu'il valait assurément la peine de faire ressortir ce qu'il y eut alors de pacifique et d'indulgent dans toute sa conduite, une fois passés les premiers moments de douleur et d'indignation -. »
Nous laissons au lecteur le soin de tirer les conclusions des critiques de H. Lecoultre.
Pour des historiens catholiques, il est certain que Kampschulte et Cornélius ont fait preuve, vis-à-vis de Calvin, d'une impartialité remarquable. Mais cette impartialité est loin d'être suffisante pour des historiens, tout court.