‹ Jean Dacier; drame en cinq actes, en versChapitre 55 sur 88 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Ce que je viens vous dire, et c'est de Tamilié, C'est que, s'il vient, il faut le chasser sans pitié.

Le chasser ! . .

BERTHAIT.

Vous avez un époux qu'on respecte ; Mais vous nous êtes bien encore un peu suspecte, Bien assez, sans aller vous charger d'un proscrit.

MARIE

Mais, au moins, dites-moi...

BERTHAIT.

J'en ai déjà trop dit.

Raoul de Puylaurens est coupable : qu'il meure ! Si je le décou\Tais, fût-ce en votre demeure, 11 n'échapperait pas au glaive de la loi.

MARIE

Monsieur Berthaut...

BtHTHALT.

J'ai dit ! Ne comptez pas sur moi Pour me mettre au-devant des coups de la justice. Il faut que le coupable ou l'innocent pâtisse ; Et (juand, des deux côtés, coulent des flots de sang. En sauvant le coupable, on frappe l'innocent.

JEAX.

Ainsi , même chez moi ?

BERTHAIT.

Jean, tu sais si je t'aime :

Te frapper, c'est autant que me frapper moi-même ;

Mais s'il était ici , rien ne le sauverait; Prières, amitié, rien ne m'arrêterait:

Fallût-il vous livrer, toi, ta femme qui tremble, Et donner au bourreau vos trois têtes ensemble.

Inflexible toujours !

BEKTHALT.

Je puis soufl'rir aussi ; Mais nous sommes voués aux luttes sans merci , Et l'ennemi croirait ses victoires trop sûres. S'il pouvait voir le sang couler de nos blessures.

JEAX.

Tu fais bien : l'amitié passe après le devoir ; Aussi, je veux t' aider, et de tout mon pouvoir,

(A Raoul.)

Connais-tu le marquis, toi?..

MARIK

Jean !..

BERTHALT.

Quel est cet homme ?

MARIE

C'est un de mes fermiers.

BERTHALT.

Ah ! fort bien !.. Il se nomme ?. .

MARIE

Bernard; et pour me voir il est de loin venu.

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