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Jean de Candida

Le médailleur Jean de Candida, le conseiller et Tanibassadeur de Charles VIII, le portraitiste et l'ami de Robert Briçonnet, cet inconnu de la veille dans lequel M. L. Delisle avait deviné une personnalité*, Jean de Candida appartenait à la vieille famille napolitaine des Filangieri. Nous établirons tout à l'heure sa fdiation; et nous tâcherons de mettre en lumière sa valeur comme artiste et de préciser autant que possible, chemin faisant, son rôle comme diplomate. Cette étude aidera , nous l'espérons, à faire connaître la part d'influence que les Napolitains ont eye dans notre pays à la fin du xv* siècle, tant au point de vue politique qu'au point de vue artistique.

C'est par l'art napolitain que la France s'est mise en contact avec la Renaissance italienne^. Et pourtant Naples est, en fait d'artistes, la ville la plus pauvre de l'Italie, puisqu'elle a dû empruntera Tltalie du Nord ceux qui l'ont illustrée et qui forment cet ensemble de talents que l'on est convenu d'appeler l'Ecole napolitaine. Naples a vu passer en France ses enfants adoptifs les plus célèbres et les plus aimés,

1. L. Delisle, Bibliothèque de l'École des Chartes, 1890, pp. 310-312. Cf. E. MUntz, Hist. de l'art., t. II, p. 820.

2. L. Courajod, Gaz. archéoL, 1887, p. 160. — Cf. H. de la Tour, Pietro da Milano^PaLTis, WJd, in-8°.

'i H. DE LA TOUR

Jusqu'à prcsenl, parmi ces artistes, on nommait : Francesco Laurana, qui revint en Provence à plusieurs reprises et y mourut; Giulianoda SanGailo, qui parcourut le midi de la France; l'illustre Fra Giocondo et enfin Guido Mazzoni, le sculpteur officiel de Charles VIll et de Louis XII, qui passa près de vingt ans dans notre pays^ A cette liste, nous avons proposé d'ajouter Pietro da Milano, sculpteur et architecte favori du roi de Naples, qui n'est autre, selon nous, que le médailleur si connu de la famille d'An-

Mais Naples ne donnait ainsi à la France que des enfants d'adoption. Avec Jean de Candida, elle donne plus encore, car il s'agit d'un de ses propres enfants; à moins qu'on ne prétende, en admettant l'origine normande de la famille Filangieri ^, que la mèrepatrie, en recevant cet artiste, ne faisait que rouvrir ses portes à un enfant prodigue. A celui-là, on devra accorder une bonne place dans l'histoire de notre art français, car il eut une influence restée latente jusqu'à nos jours, mais certainement très effective.

Tombé dans l'obscurité, perdu dans un recueil d 'œuvres diverses connu des seuls bibliophiles normands^, le nom de Candida serait, bien probablement, resté inconnu longtemps encore sans l'heureuse trouvaille de M. Léopold Delisle. Dès l'abord, M. Delisle eut l'intuition de l'importance de sa

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