‹ Jean de La Fontaine; cours libre professé à l'Université de StrasbourgChapitre 83 sur 105 · V. — LE ROMAN ET LA CONVERSION DE MADAME DE LA SABLIÈRE · texte numérisé non relu

V. — LE ROMAN ET LA CONVERSION DE MADAME DE LA SABLIÈRE

On sait comment finirent ces beaux jours. M""® de La Sablière était entourée de jeunes écervelés : Brancas, Rochefort, Lauzun, le marquis de La Fare, Ce dernier se fit aimer, follement aimer. Il avait trente-deux ans, elle en avait trente-six. La Fare s'était distingué aux armées; il était guidon dans la compagnie des gendarmes du Dauphin. Homme de cour et homme de débauche, il avait d'abord, comme beaucoup d'autres, courtisé M'"^ de Montespan ; mais ayant appris qu'il chassait sur les terres du Roi :

j. Appendice VJ.

« Je me retirai, dit-il, en bon ordre, et les autres firent comme moi. » Puis il s'était attaqué à la marquise de Rochefort, ce qui lui avait attiré la haine de Louvois : il ne lui restait plus qu'à vendre sa charge. Il se consacra alors à sa nouvelle maîtresse. Dans les salons et les ruelles de Paris, on célébra le parfait amour de La Fare et de M""' de La Sablière. Un an plus tard, quelqu'un ayant voulu « attaquer la persévérance de la belle Sablière » Charles de Sévigné lui répondait : « Non, non elle aime toujours son cher Philadelphe; il est vrai qu'ils ne se voient pas du tout si souvent, afin de faire vie qui dure, et qu'au lieu de douze heures, par exemple, il n'est plus chez elle que sept ou huit; mais la tendresse, la passion, la distinction et la parfaite fidélité sont toujours dans le cœur de la belle; et quiconque dira le contraire aura menti*. » Sévigné avait bien raison d'attester la persévérance de la belle Sablière. Mais La Fare était volage et joueur. Il allait chez la Champmeslé : La Fontaine l'y rencontrait. Il était aussi l'amant d'une fille d'opéra, Louison, sœur de Fanchon, qui était la maîtresse du grand-prieur de Vendôme. Cependant la plus redoutable des rivales de M"*^ de La Sablière,

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