ACTE PREMIER
MADAME DE MONTLOUIS
Vous m’avez prise pour un braconnier?
JEAN
Pour une apparition... et je continue.
MADAME DE MONTLOUIS
Au fait, je n’ai trouvé personne pour m’annoncer... Je suis votre voisine, madame de Montlouis.
JEAN
Madame de Montlouis?
MADAME DE MONTLOUIS
Cela vous étonne?
JEAN
Non, madame, (a part.) Quel dommage !
MADAME DE MONTLOUIS, A part.
Très-beau, ce jeune Mohican !
JEAN
Voulez-vous entrer dans la maison pour attendre mon père?
MADAME DE MONTLOUIS, regardant la fagado.
Nous sommes bien ici. — Très-joli, ce château! beaucoup de caractère...
JEAN
11 me semble qu’en fait de château, vous n’avez rien à envier à personne.
MADAME DE MONTLOU1S.
Oh ! le mien a l’air d’une caserne. Jo n’y suis que depuis hier, et je m’v suis déjà ennuyée quarante-huit heures.
JEAN
Êtes-vous donc de celles pour qui la campagne compte double ?
MADAME DE MONTLOUIS
Non ; mais j’aime mieux la mer.
JEAN
Elle n’est pas loin d’ici.
MADAME DE MONTLOUIS
l’as loin d’ici, Biarritz ou Trouville? Cependant votre château me raccommode avec la Bretagne; rien de plus pittoresque... Ces vieilles tours, ce manteau de lierre... Beaucoup de cachet. Vous habitez là une partie de l’année ?
JEAN
Toute l’année.
MADAME DE MONT LOUIS
Prrr... Au mois de janvier!... Sans indiscrétion, à quoi pouvez-vous passer le temps?
JEAN
Mon Dieu! madame, je vais bien vous surprendre; nous