HORTENSE, JEAN
JEAN
Vous m’avez porté bonheur, chère Hortense! C’est pour vous que je jouais.
Pour moi?
HORTENSE
JE AN
Me ferez-vous la grâce de m’accepter comme créancier?
HORTENSE, à part.
Il a fait cela! (Haut.) Mon bon Thomé, oh! que c’est gentil, que c’est amoureux 1 Que je suis contente et que j’ai raison de vous aimer! — Mais, vous n’espérez pas que j’accepte? Vous êtes le dernier à qui je voulusse emprunter. Je n’ai plus besoin de personne d’ailleurs; je viens de faire ma confession à monsieur de Montlouis, et c’est lui qui me tire d’embarras. — Eh bien ! pourquoi cet air penaud ?
JEAN
J’étais si heureux que vous fussiez sauvée par moi 1 — Que vais-je faire de cet argent maintenant?
HORTENSE
Vous allez le serrer dans votre tiroir.
JEAN
Non, il me fait peur! Je me suis senti joueur dans l’âme pendant cette partie endiablée. Si je garde cet argent, je suis perdu.
hobtense .
Alors fondez un prix de vertu, et encore, non ! On vous le décernerait.
JEAN, s’asseyant sur le canapé h gauche.
Tout vous est matière à raillerie...
IIORTENSE, derrière le canapé.
Grand enfant I ne voyez- vous pas qu’il y a un Dieu pour les amoureux, et que la Providence vous envoie l’outil de votre fortune? Ne le lui jetez pas à la tète! Vous voilà armé, lancezvous dans la mêlée et faites votre trouée.
JEAN
Ohl je ne veux plus toucher une carte.
UORTE NSE .
Vous ferez bien, mais qui vous parle de cela? Lancez-vous dans le monde des affaires, de la spéculation... Vous en connaissez maintenant les coryphées; vous avez de la chance au jeu, allez!
JEAN
Est-ce vous qui parlez, Hortense ?
HORTENSE
Oui, moi qui vous aime et qui ne veux pas que vous me repro-