ACTE QUATRIÈME
JEAN
Moi?
MONTLOÜIS.
U a versé cela dans mon sein, el il a bien fait. Je suis le tombeau des secrets, moi. Le vôtre est en sûreté.
JEAN
Mon secret? Que vous a donc conté M. Roblot?
Il ONT LOUIS.
Tout... La proposition de Jonquières et la cause romanesque de votre refus.
JEAN, A part.
Mauvais drôle!
MONTLOÜIS.
Je ne vous laisserai pas accomplir en paix une pareille sottise, passez-moi le mot.
JEAN
Mon Dieu, monsieur, j’apprécie le sentiment qui inspire votre démarche; mais elle est inutile... mon parti est pris.
MONTLOÜIS.
Non, mon cher! vous ne sacrifierez pas votre avenir à une liaison d’un jour, à une liaison qui commence à vous peser, je le sais.
Plus bas, de grâce I
MONTLOÜIS.
Est-ce que nous ne sommes pas seuls?
JEAN DE THOMMERAV.
JEAN
Si fait. Mais les murs d’hôtel ont plus d’oreilles que les autres.
MONTLOU1S.
Soyez tranquille, je ne nommerai pas la dame, je ne sais pas son nom. — Qu’on fasse un pareil sacrifice au premier quartier d’une lune de miel, soit; mais la vôtre est en pleine décroissance.
JEAN
Plus bas, vous dis-je!
M0NTL0U1S.
Décidément nous ne sommes pas seuls. Ce n’est pas votre sieste que j’ai interrompue, mon gaillard ! 11 paraît que vous avez aussi le champagne affectueux.
Monsieur !
JE AN
MONTLOÜIS.
L’héroïne de votre roman est cachée quelque part... (indiquant les deux portes latérales.) là ou là; elle nous entend. Hé bien, cela se trouve au mieux. Je vais vous rendre un fier service, (s’adressant tour à tour aux deux portes.) Madame! je n’ai ni l’honneur ni la curiosité de vous connaître, rassurez-vous. Je suis le baron de Montlouis, ami de la famille Thommeray et pour le moment subrogé-tuteur du jeune homme.
JEAN, à demi-voix.
Que prétendez-vous faire?