lbidem, p
« Roberval fit un nouvel embarquement en 1549", » ce qui reculerait encore la date de la confection de la carte, mais cette assertion, empruntée à Le Clercq *, nous paraît erronée. Ainsi, selon ce dernier, Roberval serait mort dans cette expédition de 1549; or Thevet, ami personnel du terrible capitaine, dit qu’il périt assassiné la nuit près le charnier des Innocents”.
Ce qui précède était écrit, presque sous presse, lorsqu'une note obligeante de M. le comte de Crawford et de Balcarres', l'heureux possesseur de cette belle carte, est venu dissiper nos incertitudes. Il y est dit que M. Major, conservateur des cartes géographiques du British Museum, a eu l’habileté de déchiffrer la légende suivante, qui avait échappé à Jomard et à M. d'Avezac :
« Faïctes à Arques par Pierre Desceliers, presb'® 1546. »
On lit dans l'Hydrographie du P. Fournier :
« La 3. especes est de certaines cartes qu’on appelle Reduites, dont vn nommé le Vasseur * natif de Diepe a enseigné la pratique à nos François. Cet homme quoyque tisseran en son bas aage,
1, Histoire de la Nouvelle France, 1744, in-4, t. I, p. 22.
2. Premier Etablissement de la Foy dans la Nouvelle France. Paris, 1691, in-8,t, 1, p. 14.
3. &« Mon familiér, » l'appelle ‘Thevet. Aülleurs, ce dernier ajoute : « Comme luy mesme me dit trois moys deuant qu'il fut tué de nuict près Sainct Innocent a Paris. » Le Grand Insulaire et Pilotage d'André Theuet, Angoumoisin, Cosmographe du Roy, MS. Bibliothèque nationale de Paris, fonds français, 15452-3 ; t. 1, f. 146.
4. lnthe top left hand corner (near Japan) is that almost obliterated inscription awhich vas made out by Mr, Major, »
s. 1601. À dicppe Par Guillemme Levasseur le 12 de juillet, Carte sans titre, de l'Atlantique, de 1m X 0m76, sur vélin; conservée au Dépôt des cartes et plans de la Marine; portefeuille de l'Atlantique, pièce marquée à la lettre I. Comme calligraphie cartographique, nous ne connaissons pas de cartes qui l'égalent, Celles des dieppois Jean Guérard et Jean Dupont (1625-1634), les cartes de l'Amérique septentrionale de J. B. L. Franquelin, le cartographe de Scignelay, sont, à cet égard, d'une finesse remarquable, mais nous ne leur trouvons pas l'élégance du travail de Levasseur, Nicolas Jarry, lui-même, ne l’eût peut-être pas surpassé,
ayant eu quelque instruction d'vn nommé Cossin ‘, homme fort ingénieux et qui auoit une excellente mainet veu les mémoires de certains Prestres d’Arques, Bourg pres de Diepe, qui estoient excellents Geographes, dont l’un se nommoit des Celiers, et l’autre Breton, a si bien sceu menager ce peu de lumiere qu'il a receu d'eux, qu'a force d'esprit et de trauail continu, il est arrivé a un tel point qu'il a esté admiré de plusieurs. Il est mort à Roüen depuis peu d'années *, »
Ce passage du savant P. jésuite est la source de tout ce qui a été écrit depuis sur les cosmographes dieppois. On a trouvé dernièrement des actes se rapportant à une famille dieppoise du nom de Deschelliers. Il y est fait mention d'un Pierre Deschelliers, prêtre à Arques en 1537 ”, et qui est très probablement celui que Desmarquets appelle le créateur de l’hydrographie française,
Desceliers était donc le contemporain de Jacques Cartier. Adonné à l'étude de la cosmographie, cartographe habile et le premier hydrographe français de son temps, vivant en Normandie non loin du navigateur malouin, ce savant ecclésiastique a dû rechercher avec soin les renseignements géographiques et les pures que Cartier et ses compagnons rapportèrent de leurs voyages au Nouveau-Monde. Aussi avons-nous fait de grands efforts pour retrouver les œuvres de Desceliers.
Nous ne connaissons que trois deses cartes. Ce sont de grandes mappemondes manuscrites.
1. Carte vniverselle, Description du monde avec le vrai trait des vents, faïcte par Jehan Cossin en Dieppe, marinnier en lan 1570. Mappemonde manuscrite sur une projection demi-elliptique; om,36 X om,18, très finement dessinée, mais dressée, pour la partie septentrionale, selon des éléments portugais: « balcarru, laborador, cortoreal, etc. ». Bibliothèque nationale de Paris. Cette carte est plus arriérée que celle faite à Dieppe en 1566 par Nicolas Desliens (quelquefois confondu avec Desceliers), om,40 X om,22, loc. cit, Invent. général, 242.