ATLAS DIT DE VALLARD
e bel atlas porte l'inscription suivante : « Nicholas
Vallard de Dieppe, dans l'année 1547 ». Barbié du
Bocage qui, le premier, décrivit ce recueil cartogra-
phique ', alors conservé dans la bibliothèque du prince de Tal-
leyrand, le considérait comme l'œuvre d’un cartographe dieppois
nommé Vallard, d'ailleurs complètement inconnu. D'autres
gtographes, qui eurent la bonne fortune de l’examiner, entre
autres, M. le prof. Kohl?, ne voient dans le nom de Vallard que celui du propriétaire.
La carte qui concerne l'Amérique septentrionale a été inspirée en partie par le planisphère dit de Henri I. On y remarque, sur la région du Canada, une belle miniature à nombreux personnages des deux sexes, costumés à l’europtenne, et entourés de sauva-ges armés. C’est une variante de celle qui, dans la mappemonde de Desceliers, porte le nom de Roberval”.
Les légendes et les contours font de ce document une carte lusitanienne au premier chef. Quelques noms français ont été ajoutés : belle Ille, Ille des oiseaux, le lac, Sainte Croix ; maïs ce qui trahit une main portugaise, ce sont les noms de Rio do canada et de Zago dogolesme, qu'un Français eut certainement épelés autrement. La grande île parallèle à l'ile du Cap-Breton, et qui avait disparu avec la carte de Harley, indique aussi un prototype lusi-
1. Magasin Encyclopédique (de Millin), t. IV de 1807, p. 107. 2. Discovery of Maine, p. 354.