‹ Jean et Sébastien Cabot [microforme]Chapitre 116 sur 219 · Historia General, lib, XXE, cap. x, t. Il, p · texte numérisé non relu

Historia General, lib, XXE, cap. x, t. Il, p

2, « La carta moderna, fecha por el cosmigrafo Alonso de Chaves, el año de mill é quinientos y treynta y seys anos, despues que por el Emperador, nuestro señor, fueron mandados ver y examinar & corregir los padrones y carlas de navegar por personas dotas y experimentadas que para ello fueron elegidas. » Oviedo, loc. cit, p. 151. D'après ceci, Chaves n’en aurait été que le dessinateur, ce que porte aussi à croire la phrase (Ibidem, p. 116) « del qual patron tengo una de la mano de Alonso de Chaves, »

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en débouchant dans le golfe par le détroit de Canso. Le canal qui sépare l’ile de la terre ferme, ne se prolongerait pas non plus du sud au nord, comme dans Viegas et dans Gutierrez, mais de l'est À l’ouest selon une réalité que leur auraient divulguée des observations aussi simples qu'inévitables. D'ailleurs, on n'a qu’à examiner cette île de San Juan, sa forme, ses dimensions, sa position, et en suivre la filiation depuis les premières cartes lusitaniennes reproduites par Kunstmann, pour s'assurer que les cartographes portugais n'ont pas eu en vue la Nouvelle-

cosse, mais une île supposée, transmise par des modèles servilement copiés, et provenant peut-être d’une exploration primaire et incomplète de la péninsule formée par la baie de Fundy. Il suffit de rappeler les îles fantastiques des Sept-Cités, de Saint- Brandan, de Juan Estevanez, qui continuèrent à figurer sur les meilleures cartes jusqu’à la fin du xvr° siècle, pour se rendre compte de la persistance de l’erreur en cartographie. La tradition s'est interrompue en Espagne, il est vrai, avec le prototype de Garcia de Toreno et de Ribeiro, mais elle fut renoute, lorsque la junte de cosmographes espagnols chargés par Charles-Quint de compléter les cartes, vers 1536, se reporta aux œuvres de l’hydrographie portugaise pour faire son travail de revision. Cette supposition devient presque une certitude lorsqu’on compare le portulan de Gaspar Viegas de 1534, tout succinct qu'il soit, avec la carte de Chaves, telle que la décrit Oviedo, ct avec celle de Gutierrez précitée.

On ne voit dans cette dernière aucune trace des découvertes de Jacques Cartier, et il est évident que les données dont le cosmographe espagnol s'est servi proviennent, directement ou indirectement, de navigateurs qui n’ont pas fait le périple du golfe Saint-Laurent. Par contre, au nord de Terre-Neuve, an remarque un grand estuaire correspondant à l'entrée du détroit de Davis, et dénommé « Za gran baia, »

Ainsi, voici une carte de dimensions importantes, ct très détaillée, faite à Séville par un cosmographe de Sa Majesté, noté pour

son habileté exceptionnelle en cartographie", et qui, en 1550, ne connaît encore ni le détroit de Belle-Isle, ni le fleuve Saint-Laurent, ni les grandes îles du golfe de ce nom. Notre surprise augmente lorsque nous rapprochons les profils géographiques tracés par Gutierrez des contours qu’on relève sur la carte faite également à Séville par son collègue Sébastien Cabot, six années auparavant. Dans cette dernière, toutes les configurations dues aux explorations françaises sont nettement indiquées et en partie nommées, bien qu’involontairement. Comment se fait-il que Gutierrez n’en ait pas eu connaissance ? On ne peut non plus dire que Cabot les dérobait aux yeux de ses collègues, car sa carte, au moins en sa forme originale, a dû être mise à la portée de tous les ayants droit, et, parmi ceux-ci figuraient en première ligne les cosmographes de Sa Majesté.

Ces lacunes dans la carte de Gutierrez, lesquelles se retrouvent dans le portulan fait par Baptista Agnese pour Charles- Quint, portent à croire que les découvertes de Jacques Cartier ne furent connues géographiquement par les cosmographes espagnols que longtemps après leur accomplissement. La date de 1544, qu'on lit sur le planisphère cabotien, devient, constquement, aussi l'objet d’un doute *, lequel augmente si nous

1. « La habilidad que tenia en hacer cartas de navegar.» Cédule du 22 octobre 1544. Nous citons cette phrase dans l'hypothèse de Navarrete, que la carte en question est l'œuvre de Guticrrez le jeune. Notre argument conserve néanmoins toute sa force, que ce soit le père ou le fils qui ait fait la carte.

2. La « Demostracion del mapa-mundi de Sebastiano Cabolo, 1544. » MS. de la bibliothèque particulière du roi à Madrid (2-H. 5, in-4), mentionnée par M. Jmenez de la Espada (Relac. geogr., p. 1 31) n’est qu'une copie servile de la légende 8, en sa partie espagnole, telle qu'on la lit sur les bandes imprimécs de la carte gravée de Sebastien Cabot (Supra, p. 151). Elle se trouve dans le MS. signalé par Navarrete (Biblio. Maritima, t. 1, p. 376, art. Dorct. Grajales), lequel, en toutes ses parties, est d’une écriture du xvue siècle, selon la description qu'a bien voulu nous en envoyer notre ami M. M.R. Zarco del Valle, Il est donc à peu près certain que cette copie est prise d’un exemplaire gravé de la carte, laquelle circulait extensivement en Europe à la fin du xvi siècle. (Supra, p. 153.)

prenons en considération que ce n’est pas l'original de la carte de Cabot que nous possédons, ni même une copie prise en

1 Espagne, mais seulement une version faite et gravée dans le nord I ‘S 5 ar | de l'Europe ‘, par un éditeur peu scrupuleux.

La carte que nous venons de décrire se conserve au dépôt des cartes et plans de la Marine à Paris ?. On possède, en outre, d'un Diego Guticrrez, une carte de l'Amérique gravée à Anvers en 1562 *. Comme le père paraît être mort en 1554, celle-ci doit être l'œuvre du fils.

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