‹ Jean et Sébastien Cabot [microforme]Chapitre 124 sur 219 · ATLAS DE GUILLAUME LE TESTU · texte numérisé non relu

ATLAS DE GUILLAUME LE TESTU

EST un magnifique recueil de 0",53 X 0,37, composé de s9 feuillets, et dont les cartes, sur papier, sont somptueusement enluminées. Il porte ce titre :

Cosmographie uitiverselle selon les Navigateurs, Tant anciens Que modernes : Par Guillaume Le Testu pilotte en La Mer du ponent : De La ville Francoyse de grace [Le Havre”.

Au feuillet vur, on lit :

« Ce liure fut acheve Par Guillaume Le Testu. Le cingiesme Jour dapuril 1555 Auant pasques ».

On conserve ce beau manuscrit à la bibliothèque du ministère de la Guerre À Paris, sous la rubrique D. 2 /2.14.

Consulter les cartes V, LIT, LVII et LVIIT, lesquelles traitent des régions septentrionales du nouveau continent.

On y remarque, pour le golfe Saint-Laurent et l'ile du Cap-

1. En deux t euilles jésus. Biblioth. Nationale de Paris. Départ. des cartes, Port, 221, N° 5427.

2. Barbié du Bocage dans sa description de cette carte qui, au commencement de ce siècle, attira beaucoup l’attention à cause des délinéations de « Tave la grande, » croyait que Le Testu était de Grasse dans le Var; mais il s’agit bien du Häâvre, nommé d’abord Françoise de Grâce par François Ier, au lieu de Fransciscopolis que proposaient les savants, Mimoires de lu fondalion et origine de la ville françoise de Grace composez par Guillaume de Marceilles, publiés par M. Morlent, Le Hävre, 1847, brochure in-4e.

Breton, des contours qui sont beaucoup plus exacts que ceux des cartes postérieures. Ce n'est cependant pas l’œuvre originale d'un cartographe de France, mais l'adaptation d’un planisphère portugais auquel quelques noms français ont été ajoutés. Presque toutes les appellations sont purement lusitaniennes.

L'intérêt de cette carte, pour le sujet qui nous occupe, consiste surtout dans la preuve qu’elle nous offre de la persistance de l’hydrographie portugaise, et de son influence sur la cartographie française ; car il s'agit ici d'un portulan dédié à l'amiral Coligny, et, cependant, le cartographe ne s’est même pas donné la peine de franciser les noms qu'on relève sur les possessions françaises dans le Nouveau-Monde.

C’est une des rares cartes de cette époque où se lit le nom de «Francia » ; écho lointain des découvertes attribuées à Verrazzano. L'ile du Prince-Edward y est appelée Z/e Gaxeas ; corruption de Jske Alezay, nom donné par Cartier.

Nous ne savons plus où nous avons lu que Le Testu avait été le compagnon d'André Thevet dans le voyage de ce dernier en Amérique. Thevet s’embarqua avec Durand de Villegagnon, lequel mit à la voile le 12 juillet 1555, et, comme le portulan précité est daté du $ avril 1555, on ne saurait y chercher des renseignements de visu, ni s’en servir pour élucider les descriptions de l'Amérique septentrionale qu’on lit dans les Singularitez de la France Antarctique et dans la Cosmographie de Thevet. Ce serait plutôt la mappemonde manuscrite suivante, que le lecteur devrait consulter.

Cette carte Fut pourctraite En toute perfection Tant de Latitude que Longitude Par moi Guillaume Le Testu Pilotte Royal Nati de la ville Francoyse de grace. Fut achevée le 23 jour. de May 1566.

Celle-ci est de 1,18 X 0",79 sur vélin, non colorite. On k conserve au bureau des cartes du ministère des Affaires Étrangères, à Paris.

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