‹ Jean et Sébastien Cabot [microforme]Chapitre 64 sur 219 · Raccolla, 1550-53, f. 414; append. XXI · texte numérisé non relu

Raccolla, 1550-53, f. 414; append. XXI

2. C'est ainsi que son nom est épelé dans Descripcion geogrifica de la prov. del Brasil, MS. daté de Madrid, 1579 etcité par M. M. Yménez de la Espada, Relaciones geographicas de Indias, Pert, Madrid, 1881, in-4, P. CXXIV,

3: « Tüvoloen su poder hasta su muerte el visilador y presidente del Consejo de Indias Juan de Ovando. Asi consta Por memorial del cosmigrafo Juan Bautista Gesio al Rey, fecha de Madrid } 20 de setiembre de 1575, en donde dice, que en la almoneda de los libros de Ovando estaba un Mapa antiguo de pergamino iluminado hecho por Sebastian Gaboto, y pide se recobre, porque le aseguran pertenece à S, M. (Biblioteca del Escorial) », loc, cit, p. xxx, note,

Sebastian Caboto capitan, y piloto mayor de la S.c.c.m. del Imperador don Carlos quinto deste nombre, y Rey nuestro sennor hizo esta figura extensa en plano, anno del nascimo de nro saluador Tesu Christo de M. D. XLIIII, annos ‘.

Mappemonde coloriée projetée en une seule ellipse de 148 centimètres sur le grand axe et 111 centimètres sur le petit axe, suivant le procédé d’Apian *. A droite et à gauche, on distingue une série de légendes longitudinales en langue espagnole, suivies d'unetraductionlatine.Ces deux bandes, compostes en caractères d'imprimerie, ont été ajoutées après coup. Ilest à noter que dans les mots espagnols qui exigent un til sur la lettre # placte entre deux voyelles, ce signe est omis et la lettre # est doublée : sennor, mannana, anno, etc.: preuve que ces bandes n’ont pas été imprimées en Espagne, mais dans un pays où ce signe typo-

Er graphique n’était pas employé. Nous présumons que la carte fut * gravée et que les légendes furent imprimées à Anvers, parce que cette ville, au milieu du xvr siècle, était un grand centre de productions géographiques, que les cosmographes espagnols de l’e-

| poque y faisaient graver ou publier leurs cartes”, et que nous ne Al connaissons pas de til employé par les imprimeurs du nord de À l’Europe avant les publications de Bellero et de Steelsio. Cependant, comme en 1544 Charles-Quint était empereur d'Allemagne et que la carte porte ses armes en grand format, elle peut aussi provenir d’une des villes de l'empire, Augsbourg par exemple,

1. Légende 17; voir le fac-similé placé en tête de cet ouvrage,

2. D'Avezac, Coup d'œil sur la projection des cartes géographiques, Paris, 1863, in-8, p. 54.

3. Voir par exemple la carte de Diego Gutierrez, qu'il ne faut pas confondre avec son père, du même nom et également cosmographe, mais dont les cartes furent prohibées en 1545 : Americæ sive quartæ orbis partis, nova et exactissima descriptio. Hiero Cock excude. Antverpi®, 1562; om, 92 X 0,93 en six feuilles in-fol, ; vendue par Edwin Tross, il y a une dizaine d'années, au British Museum (Map 6918-18.)

Le seul exemplaire connu ‘ de cette mappemonde, se trouve dans la galerie de géographie de la Bibliothèque nationale de Paris. Elle fut trouvée en Allemagne et achetée de M. de Hennin pour la dite bibliothèque en 1844, pour 400 francs. Suivant Le Prince et Paris *, cette carte, découverte chez un curé de Bavière, aurait été procurée par M. de Martius, secrétaire de l’Académie des sciences de Munich. Jomard l’a reproduite , mais sans les légendes longitudinales®.

Le texte latin de ces légendes, pris sur une édition autre que

celle de la Bibliothèque nationale de Paris, se trouve dans l'ouvrage de Chytræus *.

Cette carte est mentionnée par Livio Sanuto ‘, d'après Guido Gianneti da Fano, par Ortelius’, par sir Humphrey

1. Nous ne savons ce qu’il y a de fondé dans le bruit qui courut dan» l'année 1868 qu’on venait d'en découvrir un autre exempiaire en Allemagne

2. Essai sur la Bibliothèque du roi. Paris, 1856, in-12, p. 285. Bulletin de la Société de géographie, août et septembre 1857, p. 268.

3. Les Monuments de la Géographie, ou recueil d'anciennes cartes. Paris, 1842. 1862, in-fol. atlant; n° xx. Nous reproduisons, d'après l'original, la partie de cette carte qui se rapporte aux découvertes des Cabot en 1497.

4. Ces légendes ont été depuis autographiées en fac-similé par M. Boselli, gendre de M. Jomard.

s. Nathan Kochhaff (dit Chytræus), Variorvm in Evropa Itinervm Delicie. Herborn, 1594, petit in-4, p. 773-795. Idem opus, 1599 et 1606, p. 599- 6r4.

Il importe aussi de consulter l’excellente analyse donnée par M. Kohl, History of the Discovery of Maine, t. 1 de la Documentary History of Maine, Portland, 1869, in-8, 22 cartes; p. 358-377, et M. Charles Deane Remarks on Sebastian Cabofs Mappe-Monde. Cambridge, 1867, in-8, 8 p. Tirage à So exemplaires de l'article publié dans les Proceedings of the American Antiquarian Society, pour avril 1867, p. 43-50.

6. Geographia distinta in XII libri. Vinegia, 1588, in-fol., f. 2, recto.

7. « Sebastianus Cabotus venetus. Universalem Tabulam; quam impressam œneis formis vidimus, sed sine nomine loci, et impressoris. » Liste des autorités consultées, en tête du Theatrum, Antuerp., 1570. Ortelius ne dit pas où il a vu cette carte, mais ayant suivi en Angleterre son cousin Emmanuel Meteren, il est probable que ce fut à Londres ou à Oxford en 1550.

Gilbert ‘, par Richard Willes *, par Hakluyt ", par Samuel Purchas‘. Tous les exemplaires que mentionnent ces écrivains ont été vus en Angleterre.

La carte citée par Gilbert porterait que Cabot atterrit le 11 juin *, tandis que la légende de celle de Paris expose que ce fut le 24. La carte décrite par Chytræus serait datée non de 1544; mais de 1549, comme celle de Purchas, qui donne en outre 1497 pour millésime de la découverte, tandis que l’exemplaire de Chytræus porte 1494. Hakluyt, dans ses Divers voyages, donne aussi cette dernière date, mais dans l'édition des Principall Navigations de 1599-1600, on lit: 1497; enfin, l’exemplaire que cite

Meteren retourna dans ce pays en 1556 et en 1558, mais comme Ortelius fit ce voyage dès qu’il eut terminé ses études, c’est à l’année 1550 qu’on doit faire remonter l’époque où il vit cette carte. Peut-être trouverait-on quelques renseignements dans sa correspondance, qui est conservée en grande partie dans la bibliothèque de la Dutch Reformed Church à Londres. Catalogue de Fred. Muller. Amsterdam, 1875, Part. 111, n° 1856.

1. « His Clarts, which are yet to be seene in the Queenes Maiesties priuie Gullerie at Whitehall. » Sir Humphrey Gilbert, Discourse, dans Hakluyt, t. I], P. 24.

2. « Cabol's table which the Earle of Bedford hath at Cheynies » Richard Eden, History of Travayle. London, 1577, in-4, f. 232, et Hakluyt, t. IL, p. 16.

3. « The mappe of Sebastian Cabot, cut by Clement Adams. to be seene in her Maiesties priuie gallerie at Westminster, and in many other ancient merchants houses. » Principall Navigations, 1589, p. 511 et 1599, t. II, p. 6.

4. The great Map in his Majesties priuie Gallerie, of which Sebastian Cabot is often therein called the Author. This Map, same say, was taken out of Sir Seb, Cabol's Map by Clem. Adams, 1549. » His Pilgrimage, London, 1625, in-fol., t. III, p. 807.

s. Ce qui prouve l'inexactitude de la date donnée par Gilbert, c’est que si Cabot avait découvert la grande île le 11 juin, il n’eût pu la nommer « Sant Joan, por auer sido descubierta el mismo dia », ou, comme le dit plus

explicitement la traduction latine ; « diui Todnnis nominarunt, quippe que solenni die festo diui Ioanuis aperta fuit. »

le compilateur anglais aurait été gravé par Clément Adams, conséquemment à Londres.

Il y a aussi des différences dans la traduction latine. « 1494, die uero 24. Tulij, hora $, sub diluculo, » lit-on dans la carte de Paris.« 1594 (sic pro 1494) die verd 24. unit, hora $. sub diluculo» est la date que donne Chytræus. Enfin, la fameuse légende 8, selon l'exemplaire vu par Hakluyt dans la galerie particulière du roi d'Angleterre à Westminster, serait en ces termes : « LAnno Domini 1494 (1497, dans l'édition de 1599-1600 de ses Principall Navigations) loannes Cabotus venetus, et Sebastianus illius filius eam terram fecerunt per uiam, quam nullus pris adire ausus fuisset, die 24 Tunij circiter horam quintam bene mané. Hanc autem appellauit Terram Primüm visam, credo quod ex aduerso sita est insula, eam appellauit insulam D. loannis, bac opinor ratione, quid aperta fuit eo die qui est sacer D. Toanni Baptiste. »

Dans la carte de la bibliothèque et dans celle citée par Chytræus, la légende est simplement comme suit :

« Terram olim nobis clausam aperuit Joannes Cabotus Venetus, necnô Sebastianus Cabotus eius filius, anno ab orbe redempto 1494, die uero 24 Zulij \sic pro Iunij], hora 5, sub diluculo qué terr diui Loannis nominarunt, quippe que solenni die’ festo diui Ivannis aperta fuit. »

Ces différences autorisent la supposition qu’il y a eu quatre éditions :

1° La carte de la Bibliothèque nationale, dressée en 1544;

2° La carte vue à Oxford par Nicholas Kochhaff en 1566, dressée en 1549: « plana figura me delineavit : 1549 » ; avec date exacte de « Zunij » dans la légende 8, et un titre spécial pour chaque légende ;

1, Ce Clément Adams était maître d’école des pages de la reine, et le rédacteur des voyages de Richard Chancellor et de Hugh Willoughby en 1553.

af

3° La carte gravée par Clément Adams, vue par Hakluyt en 1589 ;

4° Enfin la carte que cite Purchas comme ayant été examinée par lui dans la galerie privée du roi d'Angleterre à Westminster: et qui ne semble pas être celle de Hakluyt, puisque cette dernière est datée de 1544, tandis que la carte de Purchas porte le millésime de 1549, ni être celle de Kochhaff, car la légende 8 en diffère. Notons aussi que Humphrey Gilbert parle au pluriel des cartes de Cabot qui se trouvaient dans cette galerie : « His charts, which are yet to be seen, » ce qui laisse supposer deux cartes au moins.

Notre sentiment, cependant, en admettant des fautes de transcription et d’imprimeur, est qu’on peut ramener ces quatre descriptions à trois types seulement : la carte de la Bibliothèque nationale, la carte décrite par Chytræus, et celle gravée par Cltment Adams. Quant aux différences géographiques que le lecteur pouvait probablement y relever, on ne saurait aujourd’hui les préciser.

Voir Supra, pages 54, 64 et 80.

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