Acte du 31 janvier
« Condt zy allen lieden dat Henriek vander Heyden.sonz wylen meester Pcters, scildeie, nu ter tyt alnocli wonende tôt Middelborch, in Zeelant, maer in meyningen wesende, a'sœ hy verclaerde, alhier bynnen deser stadt te comen wœncn, wesende, soe hy vercleerde, een van den tuteurs ende momboirs van Peleren Gosscrt, onbejairden sone van Jannen Gossart geheeten van Mabeu&e, den wclc^en hy behouden heel't van wylen Margarde S' SI olunei's, zynder huysvrouwen als sy lcefie, jouffrouwen Gesrtruydt van Wi'ige, weduwe dos voirscr. wylen meester Pcters, ende nicede^ des voirscr. Henricx, ende Jan vander Hey 'en, brueder des voirscr. Henricx, tôt zynen duigen gecomen zynde, ierst uutenbrœde der voirsev. zynder mœder behoirlyck gedaen zynde met consente, willen, wcten ende over»taene der selver zynder mœder, hebben geloeft en ge'.oven, mits desen, onbczundert, o iversceyden en elck een vœre al als principael, dat zy a'sulcken twe en twintich ponden grooten vlaemsch eens, o't dair omtrint, als den voirsc. Peteren Gossart alsœe in gère len gelde comen soude, van den achtergelaten goeden, van zynen ouders voirscr. } iudien de selve d mers in handen des voirsc. Henricx van der Heyden ov» rgelevert wordden en hem volgen mœgen, die zullen aenlcggen aeu een erfgœde oit erfiinten wel ende sekerlyck, hier te Loven oft dair omtrint, tôt bchoeff ende orbœr desselfs Ptters Gossart om hem Peteren vœre hem, zynen erven ende naecomelingen, oft actie dairaff van den selven Peteren hebbciuL-, t? mœgen volgen ende bliven, àlsœ dat den selven Peteren en zynen naecomeiingen, in tœcjmendc tyd„n, genœch sal mœgen wesen, dies heeft de voirsc. Henricx geloeft der voirsc. Jouffrouwen Gertruyddti, zynder mœder, en Jannen, zynen brueder, van des voirscr. es costuloes en seadeioes t' outheffen.
Uoram Borch, Berthyns, Jamiarii ultima ». — Ie ch. éch 3J janvier 1537.
ont promis et promettent par la présuite, entièreme" t, solidairement, et chacun agissant individuellement comme s il était principal agent — qu'en leur qualité — le jour où le prédit Pv rte Gos art sera mis en possession des biens laissés par ses parents susvisés —
si ces deniers sont remis entre les mains du prédit Henri van der Heyden et lui sont confiés — ,
22 livres de gros de Flandres seront employées à l'acquisition d'un bien immeuble ou d'une bonne rente perpétuelle, ici à Louvain ou dans les alentours, au profit du même Pierre Gossart, pour rester en sa possession à lui Pierre, à ses descendant?, ou à ceux ayant les droits du même Pierre, afin que, dans l'avenir, cela puisse suffire à ce même Pierre et à ses descendants, —
Ont promis, le prédit Henri,
Dame Gertrude précité } sa mère et Jean son père,
de donner décharge de ce qui a été écrit ci devant, sans frais, et sans indemnité.
Devant Borch, Berthyns , etc., le 31 janvier T37.
M. Van Even conclut que Mabuse vivait encore en 1537, car s'il eut été mort, le texte aurait porté « Pierre Gossart, fils de feu Jean Gossart», et les mots « qu'il a obtenu de feue Marguerite » n'auraient pas d'explications possibles.
La conclusion de M. Van Even me paraît tout à fait inadmissible et, de l'acte du 31 janvier 1537, je déduis au contraire la certitude que Mabuse était mort en 1537.
Et d'abord, il y a une question de droit local qui élucide absolument la question : A la mort de son épouse, le père survivant nest assisté que d'un seul tuteur. C'est le père lui-même qui a capacité pour recevoir, au profit du mineur, les biens que celui-ci ne peut recevoir, pourvu que ce soit en vue d'un placement à opérer. Or, Henri van der Heyden se déclare, non le tuteur unique, mais l'un des tuteurs du mineur Pierre Gossart. « Een van den tuteurs encle momboirs van Pcteren Gossart ». Si Mabuse avait encore vécu, — primo — c'est lui qui aurait reçu et placé, sous le contrôle du tuteur unique, l'avoir de Pierre, — secundo — Van der Heyden aurait été, non l'un des tuteurs, mais le tuteur cle son beau-frère.
Il y a plus encore : M. Van Even s'est trompé dans la traduction de l'acte. Le texte mentionne positivement que
la somme de 22 livres provient, non pas, comme il traduit, de la succession de sa mère, mais formellement « des biens laissés par ses parents prédits » : Van zynen ouders voirsc. [voirsc. est l'abréviation de voirscrevenen], car ouders signifie en flamand père et mère, comme le latin « parentes », terme bien plus exclusif encore que notre français « parents » que Ton peut quelquefois étendre aux membres de la ligne collatérale, tandis que « ouders » ne peut s'appliquer qu'au père et à la mère tous deux réunis. Si la mère seule était morte, le texte n'aurait pas porté \ynen ouders, il aurait dit zyne moeder, sa mère.
Il est vrai que le début de l'acte mentionne : « Pierre, fils de Jannyn Gossart dit de Mabeuse et de Marguerite S'Moleners ». Mais c'est qu'il ne s'agit ici que de désigner le mineur. La mère est morte depuis peut-être un an seulement ; il y a longtemps que le père est décédé ; il n'est donc pas besoin de rappeler la mort de Jean Gossart, car on est en présence, non d'un acte d'état-civil, mais d'un acte de liquidation. On ne désigne la mère comme feue que parce que c'est au décès de la dernière survivante qu'on fait la liquidation. Mais, quand, plus loin, il s'agit de définir la source de 22 livres revenant à Pierre Gossart, alors, l'acte dit expressément que cette somme provient de la succession de ses parents susdits, et ce sont Jean Gossart et Marguerite S'Moleners, tous deux décédés.
M. Van Even me paraît donc s'être mépris sur la valeur des documents trouvés par lui à la lre chambre Echevine de Louvain. Gossart était mort en 1537.