‹ Jean Halbout de la BecquetièreChapitre 23 sur 66 · l'rès de Vire · texte numérisé non relu

l'rès de Vire

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chée ni affligée,... ils en furent surpris; ce qui m'obligea de leur dire que j'avois grand sujet d'être consolée et de remercier notre Seigneur. »

M. de la Becquetière lui-même était étonné de la fermeté de sa femme. Loin de s'affliger outre mesure, Anne lui rappelait en efl'et la pensée de la vie religieuse ; elle le suppliait de trouver pour elle un couvent bien réglé pour s'y consacrer à Dieu, ce qu'il promit du reste.

On s'étonnera sûrement de voir des gens mariés manifester de pareils sentiments, tenir un tel langage. Pour avoir l'énigme du cœur humain, il suffit à l'œil de la foi de discerner dans ces événements, véritablement extraordinaires, la main de la Providence. D'ailleurs, celui qui saura la manière de vivre de ces jeunes époux chrétiens, comprendra leur résolution de quitter le monde.

Depuis que son entrée en religion était

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une alTaire décidée, M. de la Becquetièrc se levait toutes les nuits à minuit. Revêtu simplement de sa robe de chambre, en hiver comme en été,^l récitait Matines et Laudes, puis se livrait à la méditation jusquaquatre heures. A six heures, après avoir goûté quelques instants de repos, il se remettait à la prière, puis à l'étude. Naturellementilentendaitlasainte messe.

Le soir, avec ses domestiques réunis, il faisait une lecture pieuse. Il se couchait à neuf heures. La Passion de Jésus-Christ formait le sujet ordinaire de ses méditations. Il jeûnait trois fois par semaine, ainsi que les veilles des fêtes. Sa patience était telle qu'une fois un de ses serviteurs s'avisa, pour le tenter, de frotter avec une herbe très amère les assiettes où il devait manger. M. de la Becquetière en parut si peu impressionné que le domestique crut n'avoir pas assez frotté L'assiette ; il voulut s'en rendre compte par lui-même.

Mal lui en prit, il s'en trouva indisposé, La nature et la grâce semblaient s'être donné le mot pour faire de M. de la Becquetière un chrétien accompli. « Un esprit aisé, un visage angélique, une voix harmonieuse, une facilité de parler extraordinaire, une modestie rare, un enjouement fin et spirituel, un fonds très grand de bon sens, une hardiesse honnête, une capacité peu commune, un air sage et engageant, une piété exemplaire, et surtout une douceur qui charmait admirablement tous ceux qui l'approchaient sans qu'on pût se défendre d'avoir de l'amour pour lui », tel était alors Jean Halbout de la Becquetière ^ Il songeait à se faire Capucin.

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