‹ Jean Henri, comte de FrankenbergChapitre 119 sur 127 · PAR M. LE MAYEÜR, AVOCAT · texte numérisé non relu

PAR M. LE MAYEÜR, AVOCAT

Magnas pater mullitudinis genüuoi : non est inventas similis jlli in gloria, qui conservavll legéra excclsi, et in tentatiooe inventas est fidelis.

Eccl.f 44 .

Qu’à l’autel du Très-Haut le Belge se prosterne ;

Que le Dieu protecteur dont le bras nous gouverne Reçoive de nos vœux l’honunage solennel 1 Pour préserver sa loi des erreurs étrangères,

Pour éclairer nos frères,

Il place dans son temple un nouveau Samuel,

(g) Joannes Henricus, ex comitibus de Frankenberg, cujns fuies, virtus, constantia et in primis insigne illud pastoralis soUicitudinis monumentiim, quod vnlgatum est sub titulo : Déclaration sur l’enseignement du séminaire général de Louvain : itelgium ah errorum et hæresum monstris viudicavit.

NOTES

Sous l'effort de son zèle, au son de sa parole, Tombez, sophismes vains, doctrine impie et folle. Ouvrage monstrueux d’un siècle novateur :

Comme on vit de Dagon l’idole méprisable,

Dieu d’argile et de sable,

S’écrouler à l’aspect de l’arche du Seigneur !

Et toi qui par sa main, dans ces jours de vertiges. De ton tronc ébranlé vois raffermir les tiges,

Arbre majestueux, arbre saint de la Toi,

Tu nous couvres encor de ton antique ombrage ;

Tu braveras l’orage :

Celui qui t’a planté, l’Éternel est pour toi.

Mais quel éclat soudain me frappe et m'illumine !

La splendeur de Sion rayonne dans Maline.

J’aperçois Frankenberg , de pourpre revêtu ;

Un disque de lumière environne sa face,

Et l’erreur qu’il terrasse S'épuise en vains efforts pour ternir sa vertu.

L’œil fixé sur les lois que leur maître a prescrites, Les premiers des pasteurs, les chefs de nos lévites, Sont près de Frankenberg rangés dans le saint lieu, Chacun portant la main sur le livre immuable, Demeure inébranlable.

Prêt à donner son sang pour la cause de Dieu.

Quelle est dans le Brabant cette mère éplorée (1) Qui gémit des ennuis dont elle est dévorée?

Où vont ses fils chéris, loin d’elle transplantés ?

Ses propres nourrissons outragent sa misère ;

Une race étrangère

Remplace les enfants que ses flancs ont portés.

Comment ont succombé, sous les coups de l'impie, Ces cloîtres qu’appuyaient le ciel et la patrie?

Le temple est renversé, l’autel saint est détruit ;

Les prêtres sont bannis loin des sacrés portiques,

Et leurs divins cantiques

Font place aux hurlements des vils oiseaux de nuit. (1) L’université de Louvain.

NOTES

Pour qui prépare-t-on cet édifice énorme (I) ?

Quels sont ces inconnus qui prêchent la réforme ?

La doctrine est livrée à l’esprit corrupteur ;

Et la contagion , si fertile en ressources,

Infecte encor les sources (3)

Où des peuples entiers iront puiser l'erreur.

Ils ne sont plus ces temps de tristesse et d’alarmes Où vos fiers ennemis insultaient à vos larmes ;

En vain, pour renverser la loi de l’Eternel,

Leur ligue a déployé ses ruses les plus fortes :

Tu combats, tu l'emportes,

Digne chef de Sion , colonne d’Israël !

Ni des persécuteurs les terribles menaces ,

Ni l’horreur des cachots entr’ouverts sous ses traces ,

N’ont pu de Frankenberg vaincre la piété ;

Il osa des méchants mépriser la furie,

Et le fer de l'impie Eût abattu sa tâte et non sa fermeté.

L’arrêt est prononcé (S), hâtons-nous d’y souscrire !

Malheur à la brebis dont l’orgueilleux délire Osera du pasteur méconnaître les lois !

Malheur au fils ingrat, à l’enfant téméraire Qui , rebelle à son père,

En faveur de l'erreur élèvera sa voix !

Donnez des fleurs : j’irai, plein d’un projet plus sage ,

Du vertueux pontife en joncher le passage ;

Mes mains en couvriront son front victorieux.

Et toi, brave le temps, échappe à ses ruines,

Saint temple de Matines;

Demeure, et dis sa gloire à nos derniers neveux !

A côté des Ambroise, auprès des Chrysostome,

J’élèverai son buste au sommet de ton dôme.

Là nos Belges émus, femmes, enfants, vieillards,

(1) Le séminaire général de Louvain.

(2) Les jeunes théologiens, élèves du séminaire général.

(3) Déclaration de Son Eminence sur l'enseignement du séminaire général de Louvain.

NOTKS.

S’assembleront en troupe; et la foule attendrie,

De l'image chérie

Ne pourra détourner ses avides regards.

« Le voilà, diront-ils, ce pasteur vénérable!

« Plus son zèle fut grand, plus sa gloire est durable.

« 11 fut de notre loi l’inébranlable appui.

« Si nous coulpns encor dans la foi de nos pères « Des jours purs et prospères,

• Ils sont dus à ses soins, nous les tenons de lui, »

Les prêtres du Seigneur, si quelque sombre orage Menace de Sion le paisible héritage,

Reprendront dans ce temple un courage nouveau-,

Et chacun, à l’aspect de son chef intrépide,

Ira, d’un pas rapide.

Arracher à la mort la brebis et l'agneau.

Mais avant qu’à l'honneur du prélat magnanime Je travaille à dresser ce monument sublime,

Rendons grâces au ciel de nos heureux succès ;

Que l'univers entier célèbre ses louanges,

Et que la voix des anges

Se joigne à nos concerts pour chanter ses bienfaits.

Touché de nos douleurs, il brise l’œuvre impie Que tramaient contre lui l'audace et l’hérésie :

Le Dieu qui sut punir le profane Ozias Daigne nous accorder son assistance auguste;

Aussi puissant que juste,

Il nous rendra l’éclat des jours de Josias. (1).

Soyez libres encore, allez, jeunes lévites,

Sous l’œil de nos prélats, loin des sources proscrites,

Au ministère saint former vos tendres cœurs.

Illustres exilés, digne espoir de nos frères,

Remontez dans vos chaires;

Peuples, soyez en paix ; chrétiens, séchez vos pleurs 1

Et vous qui du Très-Haut êtes la noble image,

A sa loi les premiers rendez un juste hommage.

(I) Ici se trouvaient deux strophes que le poète a retranchées. (Recueil XV, 169 .)

NOTES

Voulez- vous affermir le sceptre dans vos mains? Voulez-vous assurer sur des bases durables Vos grandeurs périssables ?

O rois, craignez le Dieu par qui vous êtes craints!

Séjour d’affliction, Belgique infortunée,

Aux maux les plus affreux es-tu donc condamnée? C'est peu de voir tes fils dépouillés ou proscrits : Celui de qui les rois tiennent leur diadème,

Top Dieu, ton Dieu lui-même,

Verra-t-il comme toi ses droits anéantis ?

Ministres des autels, famille auguste et sainte,

Qui veillez près du temple et gardez son enceinte, Accourez, défendez la maison du Seigneur!

Pour détruire sa loi la trame est préparée ;

Et vers l’arche sacrée Héliodore avance un bras profanateur.

Chrétiens, rassurez-vous, vos cris se font entendre; Les prêtres du Très-Haut sont prêts à la défendre. Vous élevez la voix, Arberg, jN'élis, Brenart (1);

Toi surtout, Lichtervelde (2) , exemple de tes frères, De la foi de nos pères

Le plus constant appui, le plus ferme rempart.

Déjà, brûlant d’ardeur, plein du Dieu qui le guide, Frankenberg fait briller son courage intrépide; L’erreur loin du prélat cache son front flétri.

Il parle, et, dans l’essor du zèle qui l'embrase,

Joint le feu d'Athanase Au calme, à la douceur du disciple chéri.

Ainsi , de son grand cœur déployant l'énergie,

Au milieu d’Israël jadis parut Klie :

Ainsi, près de l’Euphrate, autrefois Daniel,

D'un culte mensonger et d’une idole impure Dévoilant l'imposture,

Confondait Babylone et les prêtres de Bel.

(1) Les évêques d’y près, d’Anvers et de Bruges.

(2) L’évêque de Namur.

NOTES

Qu’on ouvre devant moi les fastes de l’histoire :

J’y graverai ces jours d’éternelle mémoire,

Où, cité comme Paul au tribunal des rois,

Et du ciel comme lui prêchant la loi suprême,

Au* pieds de César même (1) ,

De Dieu, de son Église il soutenait les droits.

O serpent de l’erreur, avec quel artifice Tu caches le poison de ta voix séductrice 1 Combien tu peux tromper l'oeil le plus vertueux !

Des sophismes subtils de ta bouche profane,

Le ciel qui te condamne,

Seul , pénètre à l’instant les détours tortueux.

Cependant quel était l’excès de ta détresse !

Qu’il en coûtait, Maline, à ta vive tendresse!

Vainement à l'autel tu cherchais ton pasteur;

Un long crêpe de deuil voilait le sanctuaire,

Et l’autel solitaire

Par son aspect lugubre accroissait ta douleur.

Cette voix si touchante, à la brebis chérie,

Hélas! n’annonçait plus la parole de vie:

J.c grand prêtre ne peut, éloigné du troupeau,

Célébrer avec toi la fête solennelle De la Pâque nouvelle;

Aaron n’assista point au banquet de l’agneau (2).

Citoyens généreux, enfants de la Belgique,

Vous qui partagiez tant l’allégresse publique Aux jours où le prélat à nos vœux fut rendu.

Redoublez vos transports, zélateurs de sa gloire,

Annoncez sa victoire :

Le ciel a triomphé, l’enfer est confondu!

(1) Voyage de Son Eminence à Vienne.

(2) On doit se rappeler que Son Eminence demeura éloignée de son diocèse pendant la quinzaine de Pâques.

Rec. XV, p. 269.

TABLE DES MATIÈRES

Avertissement du traducteur

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