CHAPITRE VI
TROISIÈME ET VIOLENTÉ OUVERTURE nU SÉMINAIRE GÉNÉRAL OPÉRÉE A MAIN
ARMÉE, ET SA PROMPTE FERMETURM. (D'avril jusqu'à décembre 1788.)
On ouvre le séminaire avec quatre élèves seulement. — Comédie jouée de concert par le gouvernement et les directeurs de cet institut. — Le chanoine Houck est nommé par l'empereur recteur du séminaire général. — Il annonce (5 et 13 avril) sa nomination aux évoques. — Belle conduite de ces derniers — On les menace pour les obliger à se sou-
TABLE DES MATIËHES. 3U5
mettre aux ordres de l'empereur. — Indignation générale du pays à ce sujet — Magnanime protestation de l'évéque de namur (3 avril). — Langage menaçant des bourgeois d'Anvers.— Nouvelles violences exer« cées contre les évdques au sujet du séminaire (S mai). ^ Honteux arti» fices des préfets des deux séminaires généraux pour accréditer ces instituts ; ils sont néanmoins démasqués par les élèves eux-mêmes devant les états et Tépiscopat tout entier. ~ Les élèves protestent qu'ils ne retourneront plus dans ces instituts. — Nouvelle mesure aussi révoltante qu'insensée prise par le gouvernement contre les évèques au sujet du séminaire général. — On les appelle à Louvain pour constater la prétendue orthodoxie de cet institut, qu'on les accusait d'avoir astucieusement attaquée pour tromper le peuple ; et on leur commande d'observer le plus rigoureux silence, et de s'abstenir de toute démarche ultérieure à ce sujet (17 juin). — Le cardinal défend noblement l'^iscopat de ces imputations, et en demande satisfaction à l'empereur ; il repousse la prétention déraisonnable du gouvernement au sujet du silence qu'on voulait exiger des évèques, et demande pour dirimer cette question, qu'elle soit soumise à un concile national, ou bien à une décision du saint-siége. — Mesures du gouvernement de plus en plus violentes. — Suppression totale de l'ancienne université de Louvain : on poursuit les professeurs de la faculté théologique, dont les uns sont exilés, et les autres prennent volontairement la fuite. — Des commissaires impériaux envahissent, accompagnés de soldats armés et de pièces de canon, les séminaires épiscopaux, et conduisent les élèves, sous escorte, au séminaire général (1*>^ août). ^- La plupart s'enfuient, et
retournent dans leurs séminaires. — Le peuple prend leur parti
Scènes sanglantes à Malines et à Anvers. — Emprisonnement des citoyens. —-Démarclie conciliante du cardinal et de l'évéque d'Anvers. — La nation proteste en face de l'Europe contre les violences et les empiétements ecclésiatiques de l'empereur. ^ Le gouvernement poursuit, malgré ces événements, son projet d'ouvrir le séminaire général. — Nouvelles scènes à Louvain au mois de novembre. — Les élèves s'enfuient presque tous en France et en Hollande. — Il n'en reste que onze qui Kont achetés par le gouvernement ; ils veulent aussi prendre la fuite, mais ils sont gardés à vue par des soldats. — Les séminaristes protestent devant les états contre la réouverture du séminaire. — Le gouvernement, sans se laisser décourager, recrute à prix d'argent, dans le duché de Luxembourg et en Allemagne, des élèves pour le séminaire général. I8('>