‹ Jean Henri, comte de Frankenberg, cardinal archevêque de Malines, primat de Belgique et sa lutte pour la liberté de l'église et pour les séminares épiscopaux sous l'empereur Joseph IIChapitre 3 sur 104 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Tableau de l'époque. — I.e cardinal de Fraukeoberc.

SOMMAIRE

Alliance du fébronianUme avec le rationalisme , la franc-maçonnerie et

l'illuminisme, contre l'Église catholique Victoire de cette secte à Vienne,

et Joseph II son instrument L’empereur prohibe la huile l’nigtnilus, et

lance son édit de tolérance. — Effet de ces mesures. — Attitude astucieuse du protestantisme en cette circonstance. — noble conduite des évêques belges. — nouveaux efforts des illuminés pour décatholiciser l'Eglise d'Allemagne. — Ils lâchent d’empoisonner l'enseignement de la jeunesse ecclésiastique et laïque. — Joseph II, au préjudice des droits des évêques , investit l’Etat de celui de donner l'enseignement aux jeunes gens , tant ecclésiastiques que séculiers. — Suppression des séminaires épiscopaux , et érection des séminaires généraux. — Triomphe de l’incrédulité parmi le clergé catholique d’Allemagne. — Attitudes diverses prises par l’épiscopat de Belgique

et d’Allemagne en présence des séminaires généraux Le cardinal de Frnn-

kenberg. — Esquisse de sa vie.

Sous le sage gouvernement de la pieuse impératrice Marie-Thérèse, l’Église de Belgique jouissait de la paix la plus profonde. La mort de cette princesse, qui arriva le 29 novembre 1780, ne fut pas pleurée, dans aucune des parties de son vaste et magnifique empire, plus sincèrement que dans la noble province de Belgique , dont les habitants se sont de tout temps rendus célèbres par leur fidélité inviolable à la maison impériale d’Autriche, non moins que par leur attachement profond à l’Église et à son auguste chef. Les adeptes de la philosophie incrédule du siècle et les défenseurs du jansénisme, qui commençaient déjà à pulluler dans le

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champ jusqu’alors vierge de l’Église de Belgique , furent les seuls à se réjouir à la nouvelle de la mort de l’impératrice; ils attendaient avec impatience le moment où l’avénement de son successeur, dont ils connaissaient les tendances et les principes , leur permettrait de manifester publiquement leurs doctrines et de relever leurs têtes, qui avaient été jusque-là humiliées sous la ferme et sage administration de la pieuse souveraine. Ces deux partis , le philosophisme et le jansénisme, quoiqu’ils se méprisassent et se haïssent réciproquement, s’unirent néanmoins alors dans une étroite union pour combattre, avec toutes les armes de la méchanceté et de la fourberie., l’Église catholique, leur commune ennemie, dépositaire inébranlable de la vérité et de l’autorité divine et éternelle.

Le jansénisme allemand, si nous pouvons nous servir de cette expression, était à cette époque issu du fébronianisme, lequel, lui-même, n’est autre chose qu’un gallicanisme stupide et insensé poussé jusqu’à ses dernières conséquences avec l’impitoyable et dissolvante logique proteslantieo-rationaliste. Sans avoir toutefois revêtu ni les apparences du jansénisme français , qui , sous des formes dures et homicides , prétend conserver toujours l’intégrité de l’esprit catholique , ni l’astucieuse modération doctrinale du gallicanisme, (rendu par cette même retenue un insoutenable rêve , et qui , malgré le vice radical de son être, affirme, lui aussi, se mouvoir dans les limites de la foi, et affecte encore certains égards pour le dogme et pour la hiérarchie), le jansénisme allemand , malgré ou à cause de cette filiation humiliante, était entièrement dépourvu de valeur et de force, soit extérieure, soit intime. 11 avait épousé dès

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