MESURES ARBITRAIRES DU GOUVERNEMENT
les droits de mon siège et la religion du serment me mettaient dans l’impossibilité absolue de pouvoir concourir à l’établissement du séminaire général ; qu’en outre un précepte divin positif oblige tous les évêques à enseigner la science de la religion, en vertu de ces paroles remarquables de Jésus-Christ adressées aux gpôtres et à leurs successeurs (Matth., chap. 28) : « Data est rnihi omnis potestas in cce/o et in terra. Eunles ergo doccte omnes genles , baplizantes eos in nomine Putris, et Filii, et Spiritus Sancti : docentes eos servare omnia quœcumque mamlavi vobis. »
Précepte appuyé de toute la puissance du Fils de Dieu, et trop clair pour que je puisse en aucun temps cesser de le remplir. Je ne me persuaderai donc jamais que Votre Majesté veuille regarder l’impossibilité de mon concours au séminaire général comme une opposition à ses ordres, croyant avoir, par toutes mes démarches, rendu à César ce qui est à César, et me trouvant maintenant dans l’indispensable obligation de rendre à Dieu ce qui est à Dieu. »
Cependant le gouvernement faisait toujours de nouveaux empiètements. Par un décret en date du 21 janvier , il défendit au cardinal, sous peine d’encourir une amende de mille écus (environ 5,000 francs), de faire enseigner la théologie dans son séminaire ; et aux professeurs de donner des leçons soit publiques, soit privées, sous peine d’une amende de cinquante écus. Mais ce courageux prince de l’Église ne se laissa point encore intimider par ce nouvel acte de violence , et envoya au gouvernement, dès le jour suivant, une protestation solennelle contre ce décret, en demandant qu’on lui fit connaître les motifs qui avaient autorisé à le publier.