DE LUXEMBOURG
être d’un petit nombre d’entre eux, attachés au recteur par les avantages temporels dont il les fait jouir, ou amorcés par les appâts qu’il ne cesse de leur offrir.
« Nous avons cru que, pour calmer nos consciences, nous devions, même au risque d’être disgraciés et persécutés, rendre cet hommage à la vérité, comme un témoignage authentique de notre aversion pour le séminaire, tant que cet étranger en sera le directeur, et que nous serons exposés à y sucer des principes qui ne sont pas ceux de l’Église. Nous y demeurons, il est vrai, mais comme dans un lieu d’esclavage et de contrainte, forcés par les entraves que l’on a mises à notre vocation. Du reste, tant s’en faut que tous ceux qui se destinent au ministère des autels y soient rentrés, que bien des théologiens, surtout du diocèse de Liège, préfèrent une vie précaire et ignoble aux humiliations qu’ils devaient subir sous ce chef odieux. Daignez, Messeigneurs, daignez interposer votre autorité auprès de notre auguste souverain, pour qu’il lui plaise de mettre fin à nos alarmes. »
On s’efforçait, par de semblables moyens, de préparer aussi l’opinion publique à accueillir favorablement la réouverture du séminaire général de Louvain, afin de pouvoir plus tard, s’il était nécessaire, en venir sans danger aux moyens les plus violents.
Les directeurs de cet établissement firent courir le bruit que cet institut était non-seulement loué et admiré dans tous les Étals d’Allemagne et d’Autriche, mais que bientôt quelques évêques allemands viendraient en Belgique pour éclairer et désabuser l’épiscopat de celle province, et la nation entière, sur les
bruits calomnieux qu’on avait à dessein et sans raison répandus contre lui.
Ce bruit remplit d’une terreur profonde tous les jeunes théologiens et séminaristes de Belgique, et ils en exprimèrent leur douleur dans une lettre adressée au cardinal et à tout l’épiscopat de la province le 1 5 juillet, les conjurant d’employer tous leurs efforts afin qu’ils ne fussent plus dorénavant obligés de remettre les pieds dans cet institut (1).
« Messeigneurs, » disent-ils, « au sein de l’affliction et delà terreur, un nouvel effroi vient de saisir les candidats du sacerdoce. Le bruit se répand que des prélats étrangers vont arriver dans ce pays pour accréditer, par leurs suffrages, des nouveautés odieuses, et affaiblir, s’il est possible, la résistance que nos pasteurs et pères en Jésus-Christ ont jusqu’ici opposée aux ennemis de l’Église.
a Soit que ce bruit ait de la réalité, soit que ce soit un de ces artifices familiers aux hommes dont nous sommes depuis longtemps le jouet et la victime, nous avons cru devoir porter ces nouvelles alarmes à la connaissance de ceux dont la vigilance et la fermeté peuvent seules les dissiper.
« Le projet d’anéantir la foi de nos pères n’est plus douteux : quels que soient les moyens qu’on imagino successivement pour le faire réussir, il existe; il est dévoilé d’une manière si lumineuse et en même temps si effrayante, que toute délibération, toute incertitude doit cesser à cet égard.
« Le gouvernement lui -même nous en donne la
(i) Rec. XII, p. 270 à 276; Vœu, p. 816-323.