MANDÉ A LOUVAIN
de Joseph II. — Celui-ci abolit la Joyeuse entrée. — ■ Mécontentement général à son comble. — On défend (17 octobre) sévèrement toutes les prières publiques qui seraient ordonnées par les évéques pour le rétablissement de la paix, lesquelles prières sont qualifiées d’artifices et de moyens révolutionnaires Soulèvement général de la nation. — Le cardinal quitte Malines, et se
cache à la campagne. — 11 est accusé du crime de lèse- majesté; mandat d'amener lancé contre lui. — Lettre révoltante que lui adresse le comte de Trauttmansdortf. — Défense héroïque du cardinal (2 novembre). — Tentatives faites pour s’emparer de sa personne et le conduire en Stvrie. — La plupart des évêques se réfugient en Hollande. — Démarche conciliante mais infructueuse du gouvernement. — Joseph II révoque toutes ses innovations religieuses et politiques. — Le peuple prend les armes — Victoire des patriotes brabançons. — Joseph II , enfin détrompé, implore la médiation du saint-siège. — Lettre de Pie VI (13 janvier 1790) à l’épiscopat belge, dans laquelle il apprécie dignement et justement ces événements. — Joseph il est déclaré déchu de scs droits sur la Belgique (11 janvier 1790). — Sa mort; scs dernières paroles au prince de Ligne; leur signification. — Les états abolissent toute la législation ecclésiastique de Joseph II , et réintègrent 1rs évêques dans leurs anciens
droits Incendie du séminaire général. — Médaille frappée au sujet de cet
événement. — Rétablissement de l’ancienne université de Louvain; le cardinal en fait l’ouverture par une messe solennelle à laquelle assistent tous les états du pays. — La Belgique se soumet de nouveau h l'Autriche (30 mai 1791). — Triste état de l’Église belge sous la république française. — Derniers moments du cardinal; son éxil et son heureuse mort (Il juin 1804).
Le 24 février $789, parvinrent au cardinal, au nom de l’empereur et par l’entremise du gouvernement de Bruxelles, cinq dépêches, desquelles la première lui était adressée, et lui enjoignait de se rendre sans retard, c’est-à-dire dès le 8 mars, à Louvain, et d’y rester aussi longtemps qu’il serait nécessaire pour se mettre à même d’examiner le nouvel établissement, afin de pouvoir ensuite, soit l’approuver, soit déclarer ce qu’il contenait de défectueux. En cas de refus, on le menaçait de mettre arrêt sur ses revenus et de les distribuer aux pauvres. La seconde dépêche ordonnait aux évéques d’Anvers, Namur, Bruges, Ypres et Ruremonde, d’envoyer leurs élèves à Louvain pour le