DE PIE VI
son propre mouvement : il va lui-même au-devant de vos vœux. Oui, il nous a affirmé avoir déclaré et de déclarer encore, sans restriction quelconque, qu’il laissait aux évêques l’entier et plein exercice de leurs droits , tant par rapport aux séminaires épiscopaux que relativement à toutes les matières ecclésiastiques, de sorte que tout va être remis dans le premier état. Nous espérons même, nous confiant dans la bonté de César, que la même déclaration aura également lieu dans le reste de ses domaines, pour le plus grand bien de la religion, auquel tendent et tendront toujours nos sollicitudes. U nous a, en outre, assuré qu’il avait déclaré, sans restriction, vouloir laisser à l’avenir saufs et intacts les droits des ordres de l’État et du peuple, restituant dès ce moment et rétablissant dans leur premier état leurs privilèges, coutumes, etc., avec promesse d’oublier tout le passé, même ce qui a pu excéder les bornes du devoir. C’est dans ce dessein, et pour concourir à ces vues, qu’il a envoyé son vice-chancelier de cour et d’État, avec les pouvoirs les plus grands et les plus amples, pour terminer le plus promptement possible cette grande affaire de réconciliation et de paix.
« Maintenant donc que les causes de ces grands troubles n’existent plus, il semble que les troubles euxmêmes doivent aussi cesser; et ce sera un jour bien heqreux, bien consolant pour nous, que celui où ce plus ardent de nos vœux sera exaucé. Mais nous avons, vénérables frères et très-cher fils, une si grande confiance en vous, que nous regardons comme inutile de vous faire, à cet égard, une plus longue exhortation. Tout ce que vous ferez pour concourir à ce but salutaire dans vos assemblées, croyez que ce sera un mérite
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de plus pour vous auprès du Dieu tout-puissant ; croyez qu’eu môme temps que vous ferez une chose agréable à votre prince et à nous- mômes, elle vous sera glorieuse aussi auprès de toutes les nations, elle sera utile et profitable au peuple de ces provinces. Vous qui êtes si recommandables par votre doctrine, vous qui êtes ornés de tant de vertus, pourriez-vous ignorer que c’est l’une des obligations de votre sacré ministère de réconcilier les sujets avec leurs princes, et de les rappeler à l’obéissance? Employez donc tout votre zèle à engager les Etats et les peuples de traiter avec le vicechancelier, que nous venons de vous dire être muni de tous les pleins pouvoirs nécessaires pour rétablir de la manière la plus solennelle une paix vraie et durable, dont puissent se réjouir et l’Église et l’État. Observez surtout d’inculquer dans les esprits que, pouvant obtenir avec assurance et sans aucune ambiguïté tout ce qu’ils peuvent justement désirer, la paix est sans doute préférable à la guerre ; et puisse le Dieu tout-puissant en éloigner toujours les disgrâces et calamités de ces florissantes contrées !
« Ne cherchant que l’utilité commune de tous, et excité par la tendre affection que nous avons vouée à César, à vous, à ces États, à ces peuples, nous vous rappellerons ces paroles du prophète Nahum : Ecce super montes pedes evangelizantium et annuntiantiurn paceni.... Que les dissensions cessent, que les peuples fidèles et soumis prêtent à leur prince l’obéissance qui lui est due. Que le prince, à son tour, aime ses peuples comme ses enfants ; qu’il les reçoive à bras ouverts au moment de leur retour vers lui; que les droits de l’Église demeurent saufs et intacts; que les droits des peu-