‹ Jean-Jacques RousseauChapitre 33 sur 146 · LA MORALE DE ROUSSEAU · texte numérisé non relu

LA MORALE DE ROUSSEAU

exaltations ou à des défaillances également dangereuses.

En matière d'éducation et de moralité, \ c'est son faible de faire quelquefois trop grande la part du sentiment dont le règne dangereux écarte si souvent les âmes du devoir et dû bonheur. Rester raisonnable n'est pas si mal. Il importe de garder la possession de soimême. Etre à la fois enthousiastes et sensés : voilà l'idéal.

Toutefois, si Rousseau n'accorde pas assez à la raison, il ne faut pas croire qu'il la sacrifie, comme on l'a prétendu. De son aveu, c'est la raison seule quinous apprend à discerner le bien du mal. La conscience, qui nous fait aimer l'un et haïr l'autre, ne peut se développer sans elle. « Connaître le bien, dit-il, ce n'est pas l'aimer. L'homme n'en a pas la connaissance innée ; mais sitôt que sa raison le lui fait connaître, sa conscience le porte à l'aimer. C'est ce sentiment qui est inné. »

La haine du mal et l'amour du bien nous étant aussi naturels que l'amour de nousmêmes, il en résulte qu'aucun homme n'est

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