VOLTAIRE ET ROUSSEAU
correctif aux fumeuses déciamations de Rousseau. Voltaire apprend au.x démocrates à être 1 libéraux; Rousseau apprend aux libéraux kj être démocrates.
Ne nous étonnons pas si les admirateurs de la théocratie et de la féodalité, tels que Joseph de Maistre et Auguste Comte, ont jeté la pierre à ces deux philosophes. Dans les cénacles de la contre-révolution, Voltaire et Rousseau sont d'autant plus maudits qu'ils méritent davantage d'être bénis.
Eh! oui, ces grands hommes furent des hommes. L'un a multiplié les polissonneries; l'autre les vilenies. L'un a eu tous les dédains de l'aristocrate ; l'autre, toutes les haines du démocrate. L'un s'est fait un jeu des bassesses du courtisan; l'autre s'est fait un rôle des impertinences du misanthrope. Mais la splendeur des bienfaits cache les défauts, comme l'éclat du soleil ses taches.
Chez Voltaire, la sève gauloise; chez Rousseau, la sève républicaine. L'ancêtre de Rousseau est La Boétie ; l'ancêtre de Voltaire est Rabelais. Ici éclate le rire du bon sens; là gronde la plainte de la conscience.
Fabrb. — J.-J. Rousseau. i5
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Puis, la lûclie enl (iilléreiitc. Il y avait deux puissances h renverser : le despotisme sacerdotal et le despotisme dynastique. 11 fallait ménager l'un pour frapper l'autre. Voltaire vise principalement la tyrannie des prêtres; Rousseau la tyrannie des rois.
Le cri de^ Voltaire est : Libre examen, justûîe, tolérance I Le cri de RousseaiTest : Liberté, égalité, fraternitél, A eux deux, iTs sont la llévolution.