‹ Jean-Jacques RousseauChapitre 1 sur 18 · Jean-Jacques Rousseau · texte numérisé non relu

Jean-Jacques Rousseau

Dans un précédent volume, fai étudié Jean-Jacques Rousseau, de Genève à l'Herniitage, 1712-1757 ; — je le suis, ici, de Montmorency au Val de Travers, 1757 1765 ; — dans un troisième et dernier volume, qui est sous presse, je l'accompagnerai du Val de Travers à Ermenonville, 1765 1778.

Pour écrire cet ouvrage, qui embrasse la vie et les œuvres de Rousseau, je crois avoir lu, comme je le devais, tout ce qui s'est publié d'important sur mon auteur au dix- huitième siècle et de nos jours ; mais j'ai lu surtout Rousseau et je Vai la sans parti pris : ce qui n'est pas sans doute un grand mérite, et ce que pourtant n'ont pas toujours su ni voulu faire ceux qui de tout temps ont parlé de lui. Déjà, au dix-huitième siècle, le comte de Barruel- Beauvert écrivait : a On ne peut s'exprimer modérément sur quelqu'un qu'il faut 'c\i]orer ouhâir (\).)) Et récemment, à l'occasion de son bi-centenaire, on disait de même à la tribune du Sénat : « il faut aimer ou haïr Rousseau. » Je crois, au contraire, qu'on peut aimer très sincèrement, comme je le fais, ce qu'il y a d'aimable en lui, et haïr franchement ce qu'il y a en lui de haïssable, — au risque, il est vrai, de mécontenter à la fois ses « amis » et ses « ennemis». Le vieil historien de Genève, Senebier, écrivait déjà en 1786 : « Je vois les enthousiastes de Rousseau aussi mécontents que ses détracteurs ; tant mieux, j'aurai atteint mon but, j'ai constamment souhaité d'être vrai (2).w

Pour m'efforcer moi-même d'atteindre ce but, je n'ai pas craint d'accumuler dans ce travail les textes de Rousseau. Je les ai cités, je crois, avec impartialité, en tous cas, avec le souci constant de

(1) Le comte de Barruel-Beauvert ; Vie de Jean-Jacques Rousseau, 1789, p. 155.

(2) Senebier : Histoire littéraire de Genève, 1786, III, 252.

Page 1