‹ Jean-Jacques Rousseau; sa vie et ses ouvragesChapitre 149 sur 251 · Poésies chrétiennes et morales de Godeau, 1662^ p · texte numérisé non relu

Poésies chrétiennes et morales de Godeau, 1662^ p

JEAN-JACQUlîlS KOUSSEAU.

tables. Ce qui heurte le plus Nicole, et ce qu'il coinbal avec le plus de colère, « c'est, dit-il, qu'on ait entrepris dans ce siècle-ci de justifier la comédie et de la faire passer pour un divertissement qui se pouvait allier avec la dévotion. Les autres siècles étaient plus simples dans le bien et dans le mal. Ceux qui faisaient profession de piété témoignaient par leurs actions et par leurs paroles l'horreur qu'ils avaient de ces spectacles profanes. Ceux qui étaient possédés de la passion du théâtre reconnaissaient au moins qu'ils ne suivaient pas en cela les règles de la religion chrétienne; mais il s'est trouvé des gens dans celui-ci qui ont prétendu pouvoir allier sur ce point la piété et l'esprit du monde. On ne se contente pas de suivre le vice, on veut encore qu'il soit honoré, et qu'il ne soit pas flétri parle nom honteux de vice, qui trouble toujours un peu le plaisir qu'on y prend par l'horreur qui l'accompagne. On a donc tâché de faire en sorte que la conscience s'accommodât avec la passion, et ne la vînt point inquiéter par ses importuns remords ^. » A Dieu ne plaise que je veuille afl'aiblir l'autorité de ces graves et honnêtes paroles. Les pires corrupteurs sont, dans tous les temps, ceux qui changent le mal en bien ou le bien en mal, qui disent que la propriété est le vol, que le mariage est la servitude et que Tadultère est la liberté, ou bien encore que la comédie est une école de vertu et d'honnêteté. « Malheur à vous, ditlsaïe ^,

1. Nicole, Essais de morale, t. Ilî, p. 237, Traité sur la Co^' médie,

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