SCÈNE PREMIÈRE
PADDY, MACCOUM, Paysans, puis REGAN. Au lever du rideau, la scène est vide ; Paddy parait, arrivant rapidement par la droite; il s’arrête, regarde autour de lui, et, la main sur la bouche, imite le cri du coq de bruyère. A ussitôt de divers côtés, paraissent Maccoum et des paysans irlandais, qui se tenaient cachés dans les roches ou denière les buissons. Maccoum porte un costume de gentilhomme du temps, caché sous une longue houppelande , pareille à celles que pwtënt les paysans.
maccoum, qui s’est avancé au-devant de Paddy, en descén.lant le sentier des rochers.
Eh bien ?
PADDY
Michel Morgan revient sur la voiture de la poste, conduite par Jean, le facteur.
MACCOUM.
Ont-ils achevé leur triste besogne? Combien a-t-on vendu la terre des Maccoum?
PAPDY.
P is un penny, Votre Honneur; aucun acquéreur ne s'est présenté.
MACCOUM.
El l’ameublement du vieux château ? le portrait de mes ancêtres ? les armes de mon père? le fauteuil où ma mère s’est assise pour la dernière fois ?
PADDY
T< ut cela est encore à la même place, Daniel Maccoum; personne n’a acheté...
MACCOUM.
Bi aves coeurs ! brave peuple ! Ainsi, la couronne d'An« gletotre reste propriétaire de mes biens, et c’est cette espèce d’hi issier, de recors, ce traître, cet espion, ce Michel Morgan qui touche mes revenus, pour le compte de l’État.
PADDY
E t il rie fait pas grâce d’une obole à vos tenanciers. Jamais vos fermages n’ont été si bien payés...
Il arrive, dis-tu ?
PADDY
D ms un demi-heure, il sera ici.
MACCOUM.
S iupçonne-l-on ma présence en Irlande î
PADDY
Non, Votre Honneur... tout le monde vous crpit en Frapce. maccoum, à Ileyan qui arrive à gauche.
Ah! Regan, que m’apportes- tu?
regan, bas à Maccoum.
J ai vu miss Fanny... je lui ai remis votre lettre. Voici la rép mse. (Il remet un gant à Maccoum.)
maccoum, avec joie, à lui-même.
Elle viendra 1 (On entend de nouveau dans les rochers le cri lu coq de bruyère.)
paddy, regardant à droite.
Alerte, la patrouille!
regan, qui regardait à gauche.
Et par là, deux officiers.