ACTE DEUXIÈME
n’y a personne caché ici. Levez la tête, ma fille, et déclarez que cet homme a menti ! ( Nora se tait.)
Elle se lait... Elle se tait... Oh!
FANNY
Voulez-vous donc que nous vous croyions tous coupable? Voulez-vous que Jean accepte votre silence, comme un aveu / de votre déshonneur?
NOUA
Fanny Dalton, si toute l’Irlande me croyait coupable, si je l’avais avoué de ma propre bouche, il ne le croirait pas, lui t car il connaît trop bien mon cœur pour douter de moi. Jean, regarde-moi... tout le monde me repousse, mais toi, ah ! tu sens bien que je ne suis pas coupable ! non, la honte n’oserait pas s’approcher de mon front... Je ne peux pas parler, parce que je ne veux pas mentir! ( Morgan revient avec les soldats ; il tient la houppelande de M accouru.)
LE MAJOR
Eh bien l monsieur Morgan?
MORGAN
Il a échappé... mais voici son habit que j’ai trouvé... et dans la poche mon laisser- passer qu’il m’avait pris... fanny, à part.
Ah! cet habit... je le reconnais... celui de Maccoum.
LE MAJOR
Cette preuve vous semble-t-elle assez précise, colonel?
o’grady.
Vous le voyez, Nora... tout vous accuse... vous avez, selon toute vraisemblance, donné asile à un homme poursuivi par l’État... Une mort cruelle, infamante est la peine de ce crime... mais peut-être la franchise de vos aveux adoucirait la rigueur de la loi . Réfléchissez, ma pauvre fille; ne donnez pas votre vie pour sauver celle d’un malfaiteur... parlez, parlez vite!...
Ah! emmenez-moi... (Tombant à genoux.) Vous voyez bien que je tends les mains pour qu’on m'enchaîne. ( Elle lève ses deux mains au-dessus de sa tête. Le ser gent s'approche d’elle et tire de sa poche des menottes qu’il pr épare.)
Digilized by GoogI
jean, s’élançant.
Arrêtez!... Si elle ne veut pas parler, je parlerai, moi! Cet habit est à moi... c’est moi qui ai volé Morgan; c’est moi qui ai donné les billets à Nora.
NORA
Jean! Jean! que dis-tu? {Elle s’élance dans ses bras.)
JEAN
Lève la tête, ma chérie... Qui ose maintenant prononcer une parole contre elle ? Un homme chez Nora, en cachette de son fiancé, et vous avez pu croire cela! Mais regardez-la donc? Est-ce là une bouche qui ment et des yeux qui trompent? Comment I vous n’avez pas compris que c’est pour me sauver qu'elle se laissait accuser... Mettez tout sur mon compte, colonel... Vous comprenez bien que je ne lui ai pas dit que les billets provenaient d’un vol ; elle n’en aurait pas voulu, la brave fille! — Ne pleure pas, mon trésor; ils ne toucheront pas un cheveu de ta tête.
fanny, à part.
Il se dévoue pour la sauver.