LE FACTIONNAIRE
Rien.
jean, à part.
Lui! il vient railler mon malheur... Faisons-lui croire que je n'ai pas l’ombre d'une inquiétude... (Il fredonne.) le sergent.
Pauvre diable! Il tâche de se donner du cœur... (Morgan s'avance vers Jean ; le sergent reste en dehors de la porte , avec le factionnaire avec lequel il fait quelques pas, et il disparait. — On les voit passes' de temps en temps.)
MORGAN
Jean la Poste, tu chantes comme un rossignol.
jean, à part.
En cage...
MORGAN
Tu prends gaiement ton parti, à ce que je vois...
JEAN
Oui, je suis content qu’on n’ait pas enchaîné ma langue.
MORGAN
Tu auras occasion de la délier tout à l’heure... on va t’emmener bientôt devant le conseil de guerre...
JEAN
Bah! un conseil de guerre... Seront-ils tous en grand uniforme?
MORGAN
Sans doute... Pourquoi me fais-tu cette question?
JEAN
Alors je verrai tout le spectacle pour rien...
MORGAN
Tu y joueras même le plus grand rôle; tout ce monde-là ne se dérange que pour toi...
JEAN
Eh bienl j’espère que c’est honorable pour ma famille.
MORGAN
Tu seras accusé de rébellion et de vol à main armée.
JEAN
Et que me feront-ils pour tout cela?
lls*te feront pendre aux frais de l’État.
JEAN
C’est toujours autant d’économisé...
MORGAN
Tu as voulu te marier, mon gas... et avec la femme que j’aime... Eh bien, voilà ton jour de noces... c’est une fiancée de bois qui t’attend; et elle n’a qu’un seul bras et qu’une seule jambe... Ah! ah! ah!... mais une fois qu’elle vous prend autour du cou, on est à elle jusqu’à la morf. .. ah! ah! ahl...
JEAN
Me feront-ils autre chose encore?