SCÈNE U
JEAN, LE SERGENT, puis FANNY.
LE SERGENT
Allons, mon brave, ne soyez pp abattu comme une fille... Voyons, levez la tête... vous n’ètes pas encore au pied de l’échelle...
JEAN
Ah! sergent, pourquoi êtes-vous venu si vite?... Ne pouviez-vous attendre une seconde de plus?... Une seconde, c’est si peu de chose.
LE SERGENT
Je vous l’aurais laissé étrangler avec plaisir... mais ce n’était pas dans la consigne. (Fanny parait et présente un papier au factionnaire, qui lui montre le Sergent. Le Sergent se retournant.) Une dame !
fanny, s’avançant.
Voici un ordre du major pour m’admettre auprès du prisonnier...
le sergent, prenant le papier.
Du major? c’est étonnant...
FANNY
Vous connaissez sa signature?...
le sergent.
Oui... voilà son pataraplie...
Eh bien! sergent, veuillez nous laisser... J'ai à causer avec cet homme.
le sergent, bas à Jean.
J’espère que vous ne l’étranglerez pas... (Il fait quelques pas pour s'éloigner.)
FANNY
Ah! dites-moi, en entrant, j’ai vu une jeune tille assise à la grille de la prison... Y a-t-il longtemps qu’elle est là?
(Jean relève la tête et écoute.)
LE SERGENT
Toute la nuit, mamzelle... Le factionnaire Ta engagée à se retirer, et je lui ai dit moi-même que les femmes et les chiens étaient contre le règlement de la caserne; mais elle a promis de rester tranquille, et nous n’avons pas voulu la chasser.
FANNY
C’est bien. (Le Sergent sort.)