PROJF.T DE BRAS DE LANTERNE
OU d'enseigne pendante.
ivi d:ins le Recueil des ouvrages Je .ïcan t. amour.
beau sont composées de barreaux recourbés qui font le ventre par en bas, pour procurer la facilité de voir ce qui se passe au dehors. Les proportions de celles qui nous occupent sont si bien réglées, les courbes en sont dirigées si heureusement qu'elles présentent à ïœ'û une légèreté inusitée dans les ouvrages de ce genre. Quelques fleurons jetés sur les saillies supérieures viennent rompre à propos l'uniformité des lignes. Toutefois les balcons du travail le plus achevé, le plus délicat qu'ait produit le génie de Lamour, sont ceux du premier étage de cette maison. Il semble que, travaillant pro do)iio sua, Lamour ait voulu montrer jusqu'à quel point il savait dompter une matière rebelle et l'assouplir comme il aurait fait d'un morceau de cire à modeler. Ici l'or ne vient point éblouir l'œil, le sombre métal se montre seul, mais avec quelles séductions! Il se dresse en lignes harmonieuses, il se tord en rinceaux gracieux, il se ploie en volutes et se déroule en feuilles et en fleurs, qui s'épanouissent amoureusement pour le plaisir des yeux. Chacun de ces balcons est un joyau
précieux digne de figurer à la façade d'un boudoir décoré par Boucher, Watteauou Fragonard. Il y en a quatre de deux dessins diflférents. Ceux du second étage sont beaucoup plus simples," mais encore fort élégants.
PETITS BALCONS QUI SE VOIENT A LA FAÇADE DE LA MAISON DE JEAN LAMOTR Rue Notre-Dame, n» H2, à Nancy.
Cette mais(.)n, d'une bonne architecture, est perdue dans un quartier populaire où l'on va bien rarement la visiter; elle est entretenue avec soin et lait honneur à son propriétaire, qui semble apprécier Kiut le mérite des richesses d'art qu'il possède.
Le balcon du n" 5 de la rue Saint-Thicbault règne sur toute la façade d'une étroite maison percée de deux fenêtres. Il est trop long pour sa hauteur. 3'". 5 5 sur o"',47; mais le travail en est aussi fin, aussi délicat que celui de la demeure de Lamour. Plus d'un amateur s'est présenté pour l'acquérir. Malgré des offres brillantes, le propriétaire a toujours refusé de le laisser enlever de la place que lui avait donnée Lamour.
Nous avons parle jusqu'à présent du serrurier artiste, disons quelques mots du collectionneur.
Dom Calmet nous apprend, en effet, qu' « il avait un cabinet rempli de tableaux et d'autres curiosités rares qu'il enrichissait tous les jours et