SCÈNE X
JEAN, puis L’INCONNU.
jean, posant la value sur la table. Elle a pleuré... elle se résigne devant moi, et sitôt qu’elle est seule...
l'inconnu, entrant au fond. Eh bien ! mon arm, jo vous attends.
jean. Oh ! je vous demande pardon, compagnon, c’est qu'en arrivant ici... j’ai trouve Geneviève qui pleurait... et ça m'a comme qui dirait cloué sur place.
l’inconnu. Et pourquoi pleurait-elle?
jean. Elle n’a pas voulu me le dire, mais je le sais bien. Elle pleurait parce que ça lui fait mal de penser qu’il faut marcher bientôt pour aller demander d’ l’ouvrage.
l'inconnu. Mais, dites-moi, quelle somme vous faudrait-il pour attendre ici l’ôlé prochain?
jean. Mais, une assez bonne somme... dans ce pays-ci la glace est bien dure et I’ bois ben cher, ainsi au commencement de l’hiver nous avions AO écus d’ reste, et c’ matin j’ai été obligé d’ vendre nos médaillons d’or, pour fêter la sainte Thérèse... Il n’y a pas k dire, faudra en gagner cet été. f Ouvrant une porte.) J’ vas prendre deux pioches... et nous allons nous r mettre à l'ouvrage. (Il entre à droite, -au premier plan.)
LlmcONNU. Quarante écus. .. donneraient à «* honnêtes gens bien du repos. (Il tire de
{‘argent de ta poche.) Décidément je ne peux en faire un moilleur usage... mais où le mettre? ah I dans ce tiroir. [Il Us met dans le tiroir de la table et le referme. — Redescendant la «crn*.) Et qui sait... dans quelques jours peutêtre cet argent pourrait retourner a l’ennemi dont il vient.
jean, rentre avec deux pioches. Tenez, cornagnon. prenez celle-ci. ( L'Inconnu la prend.) enez, et j' vais vous faire voir d’ici le mont rocheux qu’il vous faudra tourner pour trouver la route de Suzo. (Il ouvre la porte du fond.) Voyez-vouslos sapins Ik-bas sous cegrosnuage? l’inconnu, regardant. Je los aperçois.
jean. Mois vous les verrez encore bien mieux du grand pré.