‹ Jean le cocher drame en 5 actes, precede d'un prologue en 2 tableauxChapitre 24 sur 65 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Lbs Mûmes, LA COMTESSE.

la Comtesse Je te cherchais, Jeanne... quo fais-tu donc ici?

jranne. J etais venue questionner Simon la comtesse. Mais qu'as-tu donc?... tu as l’aii chagrin .. est-ce que vous attendez quelque chose, Simon?

simon. Rien.. . madame la comtesse.

la comtesse. Est-ce que (u «s tu monsieur le comte?. . est-ce qu’il t’a parlé?

jeanne. Non 1 mais quand je pense que depuis quia/e jours nous n’avans pas eu de nouvelles d'Italie.

la comtesse. C’est là ce qui te chagrine...

pauvre enfant... rassure-loi, sèche tes larmes, et songe que peut-être le colonel Henri pense plus à loi que tu ne penses à lui. (Elle t a s’asseoir sur fa causeuse.)

jeavnï, fa suitan/. D’abord, ce n’est pas possible., et puis il no le prouve pas par son silence. .. Il y a une heure euviron... j’«*i vu paraître un domestique avec une lettre à 11 main., si lu savais, mère, comme mon cœur a battu... niais j’ai été bientôt détrompée.. C'élait une lettre do la maréchale, qui nous invite le quinze de ce mois à sa soiree d'adieu.

la comtesse. Oui, je le sais... je quille la maréchale... et elle va bientôt venir te prendre pour te couduiro au ch&loau.

jf. t.NNK. Moi T

la comtesse. Oui... il y a aujourd'hui messe en musique à la chapelle... la maréchale a deux places dans la tribune des dames d’honneur, elle en met une à la disposition, et se charge de t'accompogner. . Ainsi, inon enfant, dépêche-toi, appelle la femme de chambre, fais-lui belle. .. bien belle.

JEANNE. Et tOÎ ?

la comtesse. Moi, je profiterai de ton absence, pour voir monsieur le comte et lui parler enfin do ton mariage.

jeanne. Ecoule, mère, j’ai l'âme trop triste pour cite disposée à faire de la toilètte et à sourire à tout lu monde... permets, je t’en prie, que j’écrive un mot pour remercier la duchesse, et que jo reste avec toi. ( Elle s'assied près de sa mire. ) la comtesse. Si je le permettais... lu on serais facheu plus lard.

jeanm. Pourquoi?

la comtesse. Parce que j'espère quo tu verras à la chapelle quelqu’un qui dissipera ta tristesse.

JEANNE. Qui donc?

la comtesse. Quelqu’un qui arrive d’Italie.

ikanne. Qui apporte des nouvelles du colonel Henri?

la comtesse. Kl qui sait pourquoi il n’a pas écrit depuis quinze jours.

jeanne. Il le saitl

la comtesse. Oui. . . puisqu'il me l’a dit.

jeankb- Et lu ne me le dis pas?

la comtesse. Je n'en ai pas encore ou le temps...

jeanne. C’est vrai!

la coûtasse. Le colonel n’a plus écrit...

parce que la scparaliou lui devenait insupportable, il a sollicite une mission près de 1 empereur.

Jeanne. Pour venir en France?

la comtesse. Il l’a obtenue... s’rst mis eu roule, il y a deux jours, il est arrivé à Paris.. Jeanne. Henri?

la comtesse. Hier, il a été reçu par l'empereur et il assiste aujourd’hui à la messe au cliâteau.

Jeanne. Tout cela est lien vrai, n‘est-ce pas? puisque c'est toi qui ledit.

la comtesse. Très-vrai, mon en'anl; veux-lu MCON remercier la duchesse...

Jeanne, l'embrassant. Oh ! non. la comtesse. Va donc vile t’habiller, va.

[EUe se lève et passe la seine.)

Jeanne, se levant aussi. Tu l’as donc vu ?

la comtesse. La duchetse ?

jeannc. Non, Henri.

la comtesse. Je l’ai vu ce matin.

jeanne. T’a-l-il parlé de moi?

la comtesse. Puisqu’il vient pour toi.

jeanne. Que t’a-t-il dit?

la comtesse. Oh t nous n’avons pas le temps d'eatrer daus le» detail#.., va vHé l'habiller. |

j benne. J’y cours... Est-ce que tu l'as vu chez la duchesse ?

la comtesse. Nous y sommes entrés ensemble.

jeanne. Comment la duchesse l’a-t-ollo trouvé ?

la comtesse. Très-bien.

- jeanne. Et il t’a parlé de moi ?

u comtesse. Mais oui...

jeanne. L’as-tu trouvé change?

la comtesse. Tu en seras juge toi-même...

mais va donc t'habiller, la duchesse va venir.

jeanne. Je ne serai pas longue à me parer, j'ai le cœur si content.

la comtessk. Tu ne seras pas longue... j’af- Armerais bien que tu ne seras pas prèlo avant une heure.

jeanne. I ne heure... parions, veux- lu?...

Quoi? uu baiser... c’est dit [eût f 'embrasse), et je me paye d’avance... je suis sûre de gagner.

la comtesse, souriant. Et cependant, si tu perdais?

jeannk, t it emen/. Je t’en rendrais deux...

et nous serions quittes. (5au/ant de joie.) Oh! que je suis donc heureuse... {Elle est interdite à la vue du Comte.)

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