‹ Jean le cocher drame en 5 actes, precede d'un prologue en 2 tableauxChapitre 48 sur 65 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

Les Mêmes. LA COMTESSE; le Comte est caché.

jeae. La voici l...

i.a comtesse, <f une ro/x mal assurée. Pardonnez, monsieur, si l’émotion m’avait paralyse d’abord. (Regardant autour d'elle.) Où donc est monsieur le comte?

jean, regardant. Il était là. (Ne le trouvant pas.) Tiens! (A port.) Est-ce qu’il s'est caché ?

i.a comtesse, à part. Il nous éoouto... J'ai vu remuer le rideau.

jean, à part. Méfions-nous.

LA comtks&E, regardant toujours te rideau arec inquiétude. î-ans vous, monsieur, la femme qui vous parle en ce moment serait sans doute expirante de douleur.

jean. Vous auriez été ben à plaindre si mademoiselle Jeanne avait péri.

la comtesse. Et je voudrais que ma gratitude pût égaler le courage avec lequel vous avez vole à son secours.

jean. Dit ! mon courage... voyez- vous, madame... c’qui s’ rail beaucoup pour los uns, n’est rien pour les aut’s... Quand on a été comme moi, douze ans militaire, {mouremenf de la Comtesse) qu'au a marché il travers les bouilles, on a été exposé à tant de périls... on a si ben appris qu’on a besoin d Ventr'aidor, qu'on doit ramasser celui qui tombe, ou tendre la main à celui qui est resté debout., qu’on tire quelqu'un d’Ia peine... comme qui dirait, ■ans qu'on y pense., et puis, voyez-vous, c’est rbon Dieu qui met comme ça les uussur l'chcmin des autr’s.

la comtesse. Oh! vous avez raison... le ciel a ses incroyables mystères, c’est lui qui envoie les forts sur la route des faibles, qui réunit... qui sépare.

jean, à part , se contenant. On nous écoute, ben sûr.

aa comtesse» continuant en prenant unuié-

JEAN LF. COCHER.

datUon dans son sein. Fl qui fait qu’aujourd’hui je dois bénir un homme que je ne connaissais pas., hier. (Un disant ces derniers mots elle lui montre avec précaution le médaillon d'étain du prologue. Jean qui allait parler j’ arrêt e interdit en voyant le médaillon, la Comtesse cachant ses larmes.) Avez-vous des enfants, monsieur Jean ?..

jean, tremblant d'émotion. Non, madame...

j‘ n’ai jamais été marié.. Orphelin d’puis mon enfance... j’ai toujours été seul au monde. (Il tire de son sein le pareil médaillon et U montre en secret à la Comtesse.)

la comtesse, à part. Lui aussi!... (Haut.) Puisque vous n’avez pas d'enfant que jo puisse combler. .. c'est avec vous, monsieur Jean, que je veux acquitter ma dette.

jean, jouant l'indifférence en riant et pleurant à la fois. Je comprends, madame... vous voulez m' payer pour ce qu’ j'ai lait... vous voulez être quille avec mot... j’accepte... seulement, je n’ sais pas 1’ prix qu’ ça vaut.

la cOMiessK, lui donnant une bourse. Prenez d’abord cette bourse. (/ran hésite, la Comtesse le supplie du regard, il tend la main et prend la bourse.)

jean, faisant sonner la bourse. Cette bourse est bien lourde... après tout... il est p’t-ôtro juste qu'on reçoive le prix d’un service. (En disant ces mots il a changé la bourse de main, s'est tourné en parlant et la présente à la Comtesse, qui s'empresse de la reprendre en secret. — E le ta ni la voix. ) Merci, madame la comtesse ! avec cet or je connaîtrai aussi 1’ plaisir, moi... j’ puis 1’ dépenser sans remords... j’ n’ai pas... d* famille.

la comtesse, à part. Pauvre Jean-Claude!

jean. J'assemblerai les compagnons d’ Grenelle et d’ Sablouville, nous r commencerons la Saint-Médard, deuxième fêle des cochet s, au salon de Mars... c’est V Montagnard qui paye... et l'on boira... à la santé de manuelle Jeanne... ainsi qu’k la vôtre... eu vous remerciant. rnadamo la comtesse... J’ai bien l’honneur de vous saluer. (Il monte à la porte.)

la comtesse, rivement. J’ai encore uue grâce à vous demander. jean. Laquelle, madame?

la cüMTBâSE, à part. Il lui faut au moins un baiser do sa fille. (Haut, j Avant que vous ne partiez... permettez que Jeaune... que... ma... fille... vienne embrasser son sauveur.

jean. Mut ! oh 1 non...

la comtesse, virement. La pauvre enfant pensera que cela lui portera bonheur.

jean. Ah!... si c'est pour ça... je P veux beu. (Se contenant.) Mais... c’est que... j’ suis ben pressé... j' dovraisdéjj être ben loin.

la comiense- Je cours l’appeler. (Elle va d la porte de droite , s’arrête, semble hésiter, se retourne vers Jean, qui met son doigt sur sa bouche, en lui commandant du geste la prudence, elle pousse un profond soupir et sort. Jean fait un pas vers la put te. Le Comte ouvre le rideau et parait.)

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