‹ Jean le postillon monologue sur la chanson de F. BératChapitre 1 sur 7 · DISTRHUTION DS SA PIÈCE · texte numérisé non relu

DISTRHUTION DS SA PIÈCE

* Dtixxrr.

UOIRDL Dkulu.

LA MÈRE HAUT ROT. vitUle payiaene

LE SEIGNEUR DE BONNEVEAU, miri de la ronitotir. COMTOIS, valet du château

M** Fjwrimw.

MM. DoMiNiqn.

Ro«m.

Llalériter d’une teorrlle do château, a’ayaol que deux ou troia plana de profondeur. — An fond, aur le côté gauche, se trouve une ouverture en guise de fenAtre assez élevée, mai* garnie feulement de barreaux de fer, •l qui laisse apercevoir une partie de rempart gothique en ruine, ou la campagne ; au milieu du fond, une grande porte. — A droite du public, la porte d’ entrée avec un guichet grillé, fermée en dehcrt d’nn petit volet. — A gauche, au premier plan, une meurtrière de baa eu haut, à trois eu quatre pieds du sol, et qui est cPbsde éclairer, en dehors de la icône, l'escalier conduisant au haut de la tour. — Une table au fond, une écriloire dessus avec du grand papier, deux vieillca chaises, et à droite une hotte de paille par terre.

JEAN fl QUELQUES VALETS.

tiu lever du rideau le théâtre est vide . — On entend dans la coulisse, à droite, le bruit d'une dispute entre Jean et plusieurs domestiques.)

les valets, en dehors.

Allons, marche donc!...

te débattantjeontre plusieurs valets qui veulent U forcer à Wt passer la porte.

Non, ie n’entrerai pas... Voulez-vous bien me lâcher, grands lâches. (On U pousse vivement, il va choir sur une chaise, son chapeau tombe par terre, et la porte se referme vivement. On entend fermer la porte. ) Bien, ils m’enferment... En voilà un tour!... (second bruit de serrure ) et un double tour !... ( Criant pris de la porte.) Le seigneur do Bonnovoau est donc geôlier à présent... il déroge, c’est ignoble !

COMTOIS, en dehors, le raillant.

Adieu, beat* postillon!... lu pourras dire ta chanson tout à

ton aise !... et ça t'apprendra h ne plus verser Madame la con>tesse.. .

JEAN, quta ramasse son chapeau, l’enfonce fur sa tête

C’est un mensonge!... entendez-vous?... Non, il n'entend plus. . . (Les valets en dehors s'éloignent en rtanf.) Ah ! ah 1 ah ! ils s’en u>nt en riaut... les vils flatteuis du pouvoir!... Moi, qu’on appelle le postillon de la reine ; moi, qui a mené madame Louis XV, rien que ça, et qui a eu l’honneur do roucouler ma romance devant elle, eu montant un fameui raidillon... Elle riait. . . elle riait . . .■ que c’est même ça qui a fait ma réputation ! et l’on voudrait la ternir on disant que j'ai verse c’te petite mignonne de comtesse !... une belle dame comme ça, j’aurais été la culbuter. . . passe encore une fille de village. . . histoire do rire!... (Baissant la totx.) V’ft donc que, hier matin, on méfait appeler au château pour la mener... voiture neuve... quatre chevaux, train d'ambassadeur. — «Adieu! Madame, dit son » mari. .. Bien dns choses h la baronno vol’ môre.. . et loi, » prends garde aux mauvaises roules. .. ne t'amuse pas h con- » duiro en chantant ta stupide chanson. . . » (Petite voix précieuse .) — Oh! pourquoi donc, cher comte? tout le mondo en parle, et je meurs d'envie de la connaître, cette chumon. . . (Crus rire.) — « Ah ! ah I ouclle folio !.. . voilà bien an de vos caprices!... »(Foix naturelle en sa/nanf.) Trop heureux si je pouvais apprendre quéou' chose a m’amo la comtesse ! f Grosse totx.) — « Veux-tu bien, drôle I... » (Gaiement, tl enfourche une chaise.) Ilop! Ccphisc! cocotte !... moulez I et en avant 1.» chanson!..

Ain *1 paroles de U. F. B /rat.

PftlMIIV COL’PLET.

Sur la route de Besançon,

Voila (Mil an* quo |« auis p.j.tilloo.

Galoper e'**t ma vie 1 A mro camarades, dit-on. je fai* rnvie,

On eal mui joli gnçm,

Et l‘un galope à aa façon.

Au**i quand on paase eutend-on S Qu’il vit joli le pétition.

Mais voyez donc, ( kit )

Qu’il o>t joli la poaÜHiint

Mon fouet ne dédaigne piraoito»,

Bourgeois barons, due» ou marquis,

Je fête la main qui me donne.

Payez, von» errez bien conduits.

A ma tactique,

Chacun peut voir,

Si la pratiqua Fait son devoir.

Si Jean ce plaint, la route est fatigants I...

Si Jean sourit... aa jument est fringant* I...

Oui, ci j’ai lieu d'être coûtent.

Tout l'équipage * en ressent.

Je ri», jo chante, «t puis, je vais comme le vent...

(Jl reprend la dialogua.)

— Ça va-t-il à votre idée, madame la...î — Du tout, qu'alP dit ; de ce train-là, nous serions arrivés dans trois heures, et jo neveux pas arriver... — Tiens, ou prend donc la poste pour ne pas faire son chemin!... — Ce voyage m’est odieux., j’ai des raisons pour être au château demain. . Tu vas me ramoner!... un accident... la voiture brisée. — Oh I mais, Madame... — Voilà dix louis pour faire U noce, si tu m’obéis et si tu me gardes le secret ! — J'empoche! en avant!... une glace brisée!... un palan de cassé . ..(Use lèvent faisant clopiner sa chaise) et nous revenons clopin dopant 1 .... (S'asseyant les bras croisés.) En voilà un mystère;... C’est nas le toul(peitf«« 0 Ür) : — «Coun » à la poste de Besançon, qu'elle ajouta, tu demanderas uno » lettre adressée à M. L. A. U. » — A Madame l'abbé?...—* Demain » malin, le comte sera à la chasse... et tu viendras me l’apporter, » à l’entrée du parc, au près du saut de loup...* Maisaujourd’hui, en m’éveillant, je fouille dans ma poche... la petite lettre sur papier rose, qui embaumait la bergamoUe (m tâtant les poches); disparue, envolée, je no sais comment 1... Allons, je lui dirai la vérité... (Il marche d'un air penaud, salue humblement et d'un ton pleurard.) Pardon, madame la comtesse, je Pat perdue! .. J'ai eu beau retourner mes poches, habit, veste et. .. cœtera... bernique, sansonnet!... c’est un accident I... Est-^e quo vousu’a- V07. jamais rien égaré, vous, madame la comtesse?... Oh!..* la v’iâ qui devient rouge de colère comme uno écrevisse cuite. . . (En confidence et la main devant la bouche). Parce quo (entre nous, je crois qu’elle a égaré pas mal de choses, la comtesse 1..,) A1P crie comme uno pie en colère...— Jo voux m’excuser sur sa petite lettre... — Puisque jo vous dis quo je l’ai perdue!... — Tout à coup, elle me fait des yeux comme des pistolets: — Taisez-vous et chantez.. . (J rtc surprise.) Qu’est-c© qui lui prend?. . . elle a un coup de marteau .... Je nie retourne, le mari ëlail entré sans que je Paie vu!... Ah ! la fine mouc he !.. (D'une voix dolente.) Oui, monsieur, le cruel me refuse. .. les derniers couplets de sa chanson. . . lo premier était si joli.. . (Vf repasse « droite pour le comte , à gauche pour la comtesse, et alternativement, comme Sosie dans le monologue <T Amphitryon . — Grosse roix.) Mais il prétend avoir perdu, quoi donc?.. .— Son mi-bémol, monsieur le comte, son mi-bémol.. .(Grosse voix.)— Animal ! je t'en donnerai des mi-bémols!... — Moi, pas bêle, jo comprends et je répond* (il prend le milieu comme s’il parlait aux deux autres personnes ): — Ma foi, non 1... je suis enrhumé... d’ailleurs, je n'ai plus le temps du chanter.. Louison m'attend

r iur nous marier, et Louison est uno jolie Allé qui n’aime pas attendre. . . A ce nom-là, c’est drôle, le comte, à son tour, devient rouge comme un homard, cuit! . . . ( Comme r 1 il marchait sur quelqu’un. ) — Drôle ! malo'ru!... Ah ! tu veux te marier, je te le défends, entends-tu ?...— Par exemple ! . . vous n'eu avez pas le droit. .• Vous avez beau être seigneur et maître. . . ça serait des abus féodaux I . . . — Ah! vil vassal !... — Là-dessus, les laquais accourent. . . on m’empoigne... et v'ih comment j'ai versé Madame la comtesse. .. (VI regarde autour de lui, et emporte la chaise à gauche.) Mon affaire est toisée, douze pieds carres.. . vilain local!... Ah çà... si je m’évadais?... («Si’arfmçanJ à gauche avec mystère.) J’ai entendu dire quu tous les prisonniers s’évadaient. rien qu’avec un clou !.. . Ils creusent... ils creusent... et ils finissent par faire un trou de quoi passer une jambe... (il a le ré une jambe en Pair} au bout de sept mois et demi !... Si jo pouvais trouver quelque outil dans mou mobilier... (Vf cherche,

regarde.) Non, uno écriloirc, pas de canif... un papier griffonné! ... (D’vu ton tragique.) Le testament de quequ’ malheureux prisonnier !... (Il lit. ) « V ne pièce de vin de Bourgogne... » Ah ï le sommelier qui faisait ici l’inventaire des caves an moment où... (Il remet le papier.) Si au moins il en avait oublié la de... Jo me serais rafraîchi, et j’aurais lâché tous les robinets pour leur apprendre !... (T’ouï en parlant, if desrend et vient heurter I a botte de paille.) Ahl ici, c'est ma couche... de la paille. . . une attention délicate!... Us ont dit : un postillon, ça le connaît... (/< s’assoit dessus et bâille en quittant son chapeau.) Tâchons de faire un somme... (Virement.) Ah I mais, non, faut pas se coucher l’estomac creux ... on fait de v ilains rêves!... (Vf tape des pieds; des mai u s nu de la chaise.) Ohé! ohé !... garçon! la fille! un couvert!... à dîner pour doux!... (D'un air de dédain.) C’est une prison fort mal tenue I... (Avec effroi.) Kst-ce qu’il aurait la canaillerie de me laisser mourir de famine?... ça s’est vu!... |Vi se 1ère et s'avance au public du côté droit.) Le magister «contait l’autre jour l'histoire d'un vieux bourgeois... un monsieur 1.’ golin... mais lui, du moins, il avait d«s enfants, et il tes mangea, ce pauvre homme!... afin de leur conserver leur père!... tandis quo moi, io n’ai pas la moindre progenourriture-.. Je prendrais pourtant bien quelque chose'... (Vf tourne la té/e.) Ah! (Regardant la fenêtre.) J'vas prendre l'air... l’air pur de la liberté. .. ca me fera illusion I... (Vf «a au fond.) Et s'il fiasse quelqu'un, ^appellerai... Diable! je ne suis pas assez bel homme!... Que je suis bête ! à propos de dîner, je vas mettre la table, et moi dessus, en guise do plat. (En disant ceci, il a tiré la table, il monte et regarde par ta fenêtre. \ Les beaux pâturage», hum !... ces bons foins, la-bas!,.. c’est appétissant!... Tiens! un valet do Monseigneur, avec une femrao en cornette?... (La main devant les yeux.) Ali! mon Dieu! c’est Louison!... (Arec soupçon . ( Est-c© qu'elle me ferait... ce qu'elle a sur la tète .. Il lui remet un petit papier, et il s’en va!... Psitt! psitt! hé I Louison! Ohl avec ma chanson, elle reconnaîtra mon filet... mon organe enchanteuso !... (Vf cAcittfe eu fatsant le geste de claquant son fouet.)

■ Clic! clael nn va ma rmanattr*,

» Clic! clac! c'est Jean la puât... »

Ah! ollo lève son amour de petit nez camardt... Viens donc! descends par-là... c't éboulemenl dans les fossés ..

louison, en dehors, et de loin avec surprise.

C’est vous, monsieur J eau?

lUN.

Tu vois... ton tourtereau on cago !...

LOUISOM, ruint et paraissant en dehors de la fenêtre.

Ah I ali! on dirait du mogniaudo ma lanto!

jean, piqtté.

Comment, mam’zclle !... j’ai l’air d’un serin ?

louison, en colère.

Qu’est-ce quo vous faites là, au liuu do venir m'épouser?

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