LE SEIGNEUR
Drôle!... jamais!
la comtesse, au soupirail.
Psi! psi ! Monsieur Jean t...
le skicneuii, qui entend.
Qu’entends-je?.. .
JEiN, à oart.
On capitule déjà do ce côté ! (/ itérant la voix vers la gauche.) Attendez une minute... je suis avec quelqu'un, Madame la comtesse l
le seigneur, plus bas.
Que signifie?
JEAN, bas et vite.
Ccsl votre femme... {en lui présentant la papier et Ut plume) et si vous ne signez pas... je vas lui faire la lecture... Chère petite Louistm...
le seigneur, prenant le papier et la plume
lais-loi dune, imbécile!
jean, qui a couru près du soupirail.
C’est votre mari qui est Ut ...
LA COMTESSE, a I CC cfflOl.
O ciel ! Monsieur le comte !...
LE SEIGNEUR, CTt<JHf .
Je vous entends, Madame... quo faites- vous donc à travers ce soupirail?
LA COMTESSE
Moi, Monsieur... rien... je venais signifier h monsieur Jean qu’il ne sortirait de sa prison quo lorsqu'il m'aurait fait entendre les couplets que je désire.
jean, m haut de la seine, à part, arec dépit.
Elle tire toujours son épingle du jeu h mes dépens I...
LA COMTESSE
Et vous, Monsieur, que faites-vous donc au guichet de cette
porte?
LE COUTB.
Mon Dieu, Madame, j'avais la même idée que vous! jean, allant à droite.
Monseigneur, dites-lui donc que vous n’exigez pas que je chante !
LE SEIGNEUR, bas.
Au contraire, animal!... c’est un moyen de la tromper. (D’tme voix tris-haute. ) Chanter, drôle i ou vous resterez là six moi», sans boire ni manger!
jean, à part.
Et moi qui meurs de faim... Au fait, ça donnera nu poulet le temps d'arriver... qu’esl-ce qu’elle peut faire, c’teLouison... lou iso n, à la fenêtre, élevant en iair le billet.
Pstt pstt,. Monsieur Jean !
jean, à lui-mime, arec joie.
Ah ! la voilà... [Il court prendre le billet et fait signe à Louison de disparaître ; elle quitte la fenêtre.)
la comtesse, d’un Ion caressant.
Monsieur Jean .. soyez gentil!.., et vous n’en serez pas fâché .. ( Elle passe le bail. )
JEAN. ^
Le bail!.. * *
la comtesse, à mi-voix.
Silence ! v’Ià pour ton bonheur !
jean, lui passant le billet rose.
Mulus ! v'ià pour vot’ repos. ( D'un ton suppliant; il gagne la droite en regardant à gauche.) Monseigneur, ouvrez-moi!... üûsez-moi aller me marier!... (A mi-voix au guichet )Paæez-n>oi lo congé... Lou ison vous donne le vôtre!... {Il passe au m- • gneurle billet de Louisn et reprend la grande feuille où rtt U congé.) Et maintenant, écoulcz-moi, je chanterai tant qu'on voudra... cl de bon coeur.
itniUl couplet, tris -gaiement.
Sur la rouir do Besauçor,
Voici trois «ru que je «ui« puilillon.
Galoper e'nl ma rit,
A nota camarades, dit -on.
Je fai* ««lit...
On fit ataex joli garçon,
El l'on galope à s* façon ;
Aussi . quand on pa*««- ruimd-on :
Qu'il est joli, le putlilloa ;
Uaia, vo jrct donc,
Qu'il itl joli, le postillon ;
Maie, rayez donc,
Qu’il eit joli le pout'Uoo I
{Ll ssigueur ri la canlnw sont censés rester à i coûter acte phitir. Q n doit dôme voir ta figure de J'un au guiehei, et ta main de lauiitappug/t fur te bord de la meurtrière où elle semble applaudir à la rkanioa] ■
Je fait A plus d'une feni:re.
Lu honneurs de mon tarill n ;
Clic, clac!,., on r« me recoènsllré.
Clic, clac !... c’ait Jean le pétition.
( ici tou il cm reparaît d ta fenêtre, elle Item une 6oul«'üe ci t»« terre. )
( Il l'aperçoit.) O doui présage.
De ma Louison,
Fille bien sage,
C'ast 1a maiiont.,.
Pins vite encore au galop ja m'avance 1 (/I gagne le /and.)
J'arrive enfin, et ma Loniaon s'élance... (Il monte sur la t«W.
Ms Louiton de sa blanche main. {Elle lui donne a bain.] M'apporte... un verte de bon vin...
Je loi».., {/I boit, prend la main de Louison et la lui baist.)
A votre santé, Moo-eigncur.
l y. «EiCNEun, impatient.
Allons donc!
Et puis, gatment, je reprends mon chemin.
Sur la routa de Besançon, etc.
(d la fin du refrain. Comtois et un laquais et livrée ouvrent le granité porte ; on voit passer, sur une petite montagne au f /nd, uns vieille pay saune, appuyée tur une béquille et qui donne le bras d un sot tôt de régiment de Franche-Comté; ils sont suivis de plusieurs villageois, ton II on, en les voyant dtloin, a quitté ta fenêtre.)
jean, poussanf un cri en les apercevant.
Ah!
TBOtndUt COCfLST.
Avant de mourir, mua vieux père (Otant eou chapeau ) M's dit ; * Ton frire sert le roi, u C’est sttei d’un fils à la g'ierre,
» Jean, sois poatillon comme moi. •
(Ici, le lofdal, la Mire Louison et les villageois, qui ont ru le temps A irriter jusqu'à ta porte, paraissent eur le seuil et témoigne*: leur joie de retrouver Jean.)
mi, qui continue fan chant.
Tandis que Pierre,
.S’batlatt bien loin,
De notre mire,
Moi j‘ prenais foin...
(Il les a désignés st leur presse les moins. )
Par mas chansons, ja berce sa vieille**)*.
Comme elle fit pour moi dans ma jeunesse.
Je ne suis point on fils iugrsl.
Et le produit de mon état,
C’est pour ma uèee, et puis pour le pauvre soldat.
(Il donne le bail à la mère et le congé au soldat. Ils i aiwRU jur, e* avance au public.
Dans la ville de Besançon.
Fouvoir rester b jamais postillon,
S’rait l’ bonheur de ma vie;
Mais il me faut vot'permisMon,
C'est ça qs'j'ffevie.
Si vous m'trouvex joli garçon.
Cumin’ dans l' refrain de ma chanson.
Messieurs, répètes sans façon;
Qu'il est joli le postillon,
M»ia voyez donc.
Qu'il est joli le poatillon 1
(O. pmi, su rtoi» de I’«elriee, refendre lu demi* e par lit d. nfr.it "
Paria. - Imprimerie de M»« veuve DONDEY-DUPRÉ, me Saint-Louis, 46, au Marais.
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