LETTRE DE S. G. MONSEIGNEUR BALAIN
ARCHEVÊQUE d'aUCH
Aiich, le 17 octobre 1902,
Mon Révérend Père,
La Vie de M. fabbé Jean-Marie de la Mennais^, que vous venez d'écrire, est vraiment belle. L'esprit de foi du vénéré fondateur des Frères de l'Instruction chrétienne et des Filles de la Providence, son intelligence si active et si puissante, son courage à entreprendre, pour la gloire de Dieu et pour sa chère Bretagne, les œuvres les plus diverses et les plus utiles, son^énergie à lutter contre tous les obstacles qu'il a souvent rencontrés devant lui, son amour pour les enfants et pour les pécheurs, son dévoûment pour la sainte Eglise qui domine les affections les plus tendres, tout le fait apprécier et aimer.
LETTHES EPÏSCOPAEES ix
L'institut des Frères de l'Instruclion chrétienne est surtout l'œuvre de sa vie et de son cœur. Il a imprimé dans l'âme de ses fils, dans les statuls qu'il leur a donnés, une marque de surnaturel, de charité, de dévoûment à l'égard des enfants que nous admirons chaque jour. Aussi, qu'ils bénissent Dieu de leur avoir choisi un tel fondateur, un tel père. L'arbre qu'il a planté, arrosé de ses sueurs, cultivé avec tant d'amour, a étendu au loin ses racines et ses branches. Il est magnifiqile aujourd'hui, béni des hommes qui aiment le beau et le bien.
Je vois dans le diocèse d'Auch une de ses branches pleine de sève, offrant à ceux qui sont 'près d'elle un ombrage bienfaisant, des Heurs et des fruits . Que le Sacré Cœur de Jésus la fasse grandir encore et la protège toujours!
J'avais prié un de mes vicaires généraux, ancien aumônier des Frères à Lavacan, de lire la Vie qui va paraître. Voici un résumé de son appréciation :
(( L'auteur de la Vie de M. Jean-Marie de la Mennais raconte ses vertus et ses épreuves avec la piété d'un admirateur, avec la plume d'un historien qui aime la vérité. Obligé de toucher à la grande histoire, à laquelle le serviteur de Dieu a été si souvent mêlé, à des luttes religieuses inséparables de son nom, à des douleurs intimes ({ui crucifièrent son cœur jusqu'à la lîn, il n'a rien dissimulé de la vérité, mettant à contribution les études déjà jaibliées et les précieux documents inédits des archives des Frères, avec cette précision de faits, de dates et de références dont le véritable historien ne peut plus se passer.
'( Je félicite le R. P. Laveille, qui, dans un style limpide, sans recherche, charme le lecteur et le retient. La flamme de son àme réchauffe pour ainsi dire chaque page; son œuvre vit et marche. A beaucoup, il aura fait mieux connaître l'illustre serviteur de Dieu; tous apprendront à mieux apprécier ses talenls et ses vertus, à mieux aimer l'œuvre qu'il a fondée. Le beau livre du P. Laveille est une belle action. »
Recevez, mon Révéïend Père, l'expression de mes sentiments respecduMix et bien dévoués (mi X,-S.
t MAÏHIEL-VICTOR, archevêque d'Auch.
X LETTRES EPISGOPALES