LISTE DES ANCIENS ÉLÈVES DE MALESÏROIT
On lira peut-être avec intérêt la liste à peu près complète des anciens élèves de Malestroit. Nous la donnons, telle qu'elle fut dressée, en 1873. par M. l'abbé Ruault, aumônier des Frères de PloërmeL Son travail a été cependant complété par nos propres recherches.
' MM. Hameîin Alexandre';, de Dol. devenu prêtre habitué dans cette ville, llouet Mathurin), né à Rennes, mort chanoine de la métropole
de cette ville.
Oléron, de Bédôe Ille-et-YilameN,mort vicaire général de Xorthamp-
ton Angleterre .
lîoré Léon . d'Angers, et son frère Eugène dont nous avons parlé . Jourdain (Charles Sainte-Foi'». id.
Gentboii. du diocèse de Grenoble, devenu chanoine de ce diurèse. Dupeyron-, de St-Etienne (Loire), professeur suppléant à Malestroit,
entré plus tard dans la compagnie de Jésus. Lesbros... originaire du Midi. Desvillers, Alsace .
Lefeuvre, de Dinan, rentré dans le monde. Alain, du département des Côtes-du-Nord, devenu professent à
Saînt-Méen, puis supérieur du grand séminaire de Rennes. Godin, du Jura, devenu professeur à Juilly, puis à Saint-Méen,
enfin rédacteur d'un journal parisien, 'l'heli.iult. de Bédée (1 Ile-et-Vilaine, devenu professeur a Saint-Méen. Baguenet, de Vitré, mort en 1864, curé de Châteauneuf , I lle-el-
Yilaine .
Perseliais, du département d'IUe-el-Vilaine . économe de Malestroit,
puis de Sainl-.Meen. enfin de Saint-Vincent de Rennes, de Hercé, de Laval . ancien maire de Laval, chevalier de la Légion
d'Honneur, devenu d'abord curé de Sainte-Trinité à Laval, puis
évoque de Nantes.
Coquereau Félix . du département de la Mayenne, devenu vicaire de Laval, puis prédicateur à Paris, aumônier de la l!r/le-l'oiile chargée de ramener de Sainte-Hélène les restes de Napoléon, chanoine de Saint-Denis, aumônier en chef de ta Hotte, grand officier de la Légion d'Honneur, mor1 en 1X66.
Gobil, du département de la Mayenne, devenu curé de Chàteaudu-Loir diocèse du Mans .
Ildiilelonp, de Fougères, devenu professeur à Saint-Méen, puis économe à Malesl mil de 1853 à 1834.
de la Provostaye, de Red lonl nous avons parlé).
Piau, de Vitré, devenu professeur à Saint-Méen.
Roussel, de Fougères, devenu professeur à Sainl-Mèen, mort à Dinan,
Bûcheron aîné, de Parce, pies Fougères, devenu aumônier de l'hospioe de Saint-Méen, à Rennes.
Harel, devenu recteur de Cesson, près hennés.
MM. Quris Xavier , de Pouancé (Maine-et-Loire), dont nous avons parle.
Reclus, de Thouars (Deux-Sèvres . devenu professeur à Saint-Méen.
Morel (Jules), missionnaire au diocèse de New-York, puis puhliciste.
Terworen, de Munster (Westpbalie^
Thouault, de Gevezé [Ile-et-Vilaine . rentré dans le monde.
Busnel, de la Chapelle-Chaussée (Ille-et-Vilaine), mor1 dans cette paroisse.
Massias aîné, de Plancoël Côtes-du-Nord), mort missionnaire de Rennes.
Mesnicr. de Plancoët.
Thomas, de Moncontour (Côtes-du-Nord).
Druel, originaire du Midi.
de Bonfils, de Valence (Drôme), ex-capitaine au 12e de li#ne, chevalier de la légion d'Honneur, devenu missionnaire de Rennes.
Trideaux, de Saint-M'hervé* près Vitré.
Kaminski, polonais.
Càtivin, de Bayeux.
Leieuvre. de Bayfeux.
Chevalier, de Ploubalay Cô^es-du-Nordf, devenu directeur du collège ecclésiastique de Dinan, mort recteur de Plumaugat.
Lemasson, de Saint-Méloir (Ille-et-Vilaine), es-recteur de Saint- Marcan, auteur d'une Grammaire française.
Guillard, de Trémorel (Côtes-du-Nord), devenu missionnaire de Rennes, puis professeur d'histoire à Saint-Malo, mort prêtre habitué à Saint-Briac.
Ruellan. de Saint-Méen. devenu médecin.
Ruelle Eugène), devenu juge de paix.
Poidevin de Saint-Coulomb (Ille-et-Vilaine).
Lefrançois, de Vieuxviel (Ille-et-Vilaine).
Sourdin, principal du collège de Fougères.
Levoyer (Côtes-du-Nord . mort chanoine titulaire d'Aire, où il avait accompagné Mgr .Epivent. Il avait été auparavant professeur au collège de Dinan, puis à celui d'Oullins. près Lyon.
Ilouet (Julien), de Rennes, mort professeur au collège d'Oullins.
Ruault, de Bonnemain (Ille-et-Vilaine . devenu aumônier <\c^ Frères de Ploërmel.
Gracia, de Cesson (Ille-et-Vilaine), missionnaire aux îles Marquises, auteur d'un intéressant volume sur ces îles et sur L'Océànie orientale.
Mermet, (de Grenoble), dont nous avons parlé.
Chavin de Malan. de Dôle Jura), dont nous avons parle.
Houeix, de Seront (Morbihan . rentré dans le monde.
Guyoraard, devenu missionnaire de Saint-Laurent-sur-Sèvre.
Bourdel, devenu vicaire à Saint-Méen.
Fricand, d'Aurillac. devenu Lazariste.
Ilaran. du diocèse de Saint-Flour, devenu Lazariste et professeur, puis supérieur du grand séminaire d'Albi.
Fougeray, devenu vicaire dans le diocèse de Rennes, puis missionnaire lazariste à Constantinople.
\<>la. — Ces trois < Ici i . i onl Fait pari c de la congrégation de Sainl Pierre, Nous sommes ins certain qu'ils aicnl passé par l'école de Malcstroit.
MÉMOIRE RELATIF Al SENS ET A LA PORTEE 1>E L'ENCYCLIQUE MlliAHI VOS
Ce Mémoire fut lu aux membres de la Congrégation de Saint-Pierre, par l'abbé Jean de la Mennais, après la publication «le l'Encyclique.
Nul n'est admis dans la congrégation, s'il n'a fait, au pied des autels, la promesse solennelle de demeurer invariablement attaché aux jugements du Souverain Pontife, Chef, Père et Docteur de l'Eglise universelle; donc personne moins que nous ne peut hésiter à se soumettre pleinement et sans l'ombre d'ambiguitë, à l'Encyclique de Grégoire XVI.
Quelques-uns n'ont vu d'abord d'ans l'Encyclique qu'un simple acte de gouvernement, et il est vrai qu'elle est principalement un acte gouvernemental du chef de la société chrétienne: mais aussi elle renferme une exposition de principes qu'il n'est pas permis de nier, puisque le pape déclare que c'est la saine doctrine.
En quoi les opinions quen'ous avons soutenues y seraient-elles opposées? Qu'est-ce que le pape condamne? Qu'est-ce qu'il ne condamne pas? Examen difficile, peut-être, mais dans lequel il est nécessaire aujourd'hui d'entrer de bonne foi. Evidemment, sans cela, notre soumission serait \ ague, ne s'appliquerait a aucun point particulier, et dés lors il nous sérail impossible d'établir parmi nous une parfaite uniformité de sentiments él de langage. Il ne suffit pas de dire : « Je pense comme le pape ». car, en disant cela, on ne dit rien, si l'on n'a pas une idée nette de ce «pie !«• pape pense et décide.
( lr, je réduis les questions qui ont été soulevées dans ces derniers temps,
et dont nous nous sommes spécialement ;upés, a quatre principales : i
1" la liberté «le la presse; 2" la liberté «le conscience; 3° le droit de résistance active au pouvoir tyrannique; i" la séparation de l'Eglise el de l'Etat. — Je vais examiner successivement ces quatre questions, non en «■lli's-mèmes. mais dans leurs rapports avec l'Encyclique.
I- En ce qui touche la liberté de la presse, te pape a décidé qu'elle n'est pas bonne en soi, «'l «pie l'Eglise a le «l«'"it «l«' censurer les livres avant leur publication; donc ceux qui auraienl relu se a l'Eglise le droil de censure préventive, ou qui auraient cru que la liberté de la presse es1 une chose bonne dans tous les temps et dans tous les lieux, se sonl
tr pés; mais «m ne s'esi pas trompé quand onadéfendu la liberté dé
la presse comme nécessité des temps actuels, et précisément parce «pie l'Eglise ne peut plus efficacement exercer son droit. N'ayant a choisir qu'entre la censure des gouvernements athées et la liberté «le la presse complète, on peut forl bien préférer «'elle ci, parce qu'il est certain que, sans elle, il y aurait oppression de la vérité. Et, «le l'ait, il es1 bon de remarquer que le pape ne réclame en aucune manière le droit de censure pour les princes : ce droil ne leur appartient réellemenl pas, surtout lorsqu ils prétendent distinguer ce «pu <■*! vrai «le ce qui es1 faux, indépendamment «le l'Eglise, comme ils le fonl presque tous aujourd'hui. Que serait-ce qu'une censure de la police, sinon un Saint-Office d'impies?
2° Le pape s'élève avec force contre ce qu'il appelle la liberté de l 'erreur. En effet, la liberté de mal penser, «!«• mal «lire «ai «le mal faire nVsl un droit pour personne; autrement toute restriction mise a cette liberté monstrueuse serait un crime, puisqu'elle sérail une violation manifeste d'un droit inhérent à l'humanité. C'est dans ce sens «pie Pie VI a condamné la Déclaration des droits «/«• l'homme, et le langage de Grégoire XVI n'esl
pas différent du sien. Il suit de lu que ce serait une témérité de blâmer ce qui a été fait par l'Eglise elle-même, dans d'autres siècles, pour empêcher l'erreur de prévaloir, ou de nier qu'elle ne pût encore faire la même chose dans des circonstances semblables. Mais Grégoire XVI a-t-il décidé, d'une part, que la liberté de conscience n'est pas un besoin de la société dans son état présent, et. d'autre part, que cet état doive changer dans l'avenir ? Nullement : l'Encyclique ne.nous oblige arien croire' là-dessus.
Lue question secondaire se présente ici. Peut-on en conscience demander la liberté des cultes et la liberté d'enseignement égale pour tous .' .le réponds : non, on ne le peut pas, si. en faisant cette demande, on suppose que chacun a le droit essentiel d'enseigner ce qu'il veut et d'adorer Dieu comme il lui plait. Je réponds : oui, on le peut, sous un gouvernement donl la maxime fondamentale est que l'Etat est athée et doit l'être, car, sous un pareil gouvernement, vérité, erreur, sont des mots vides de sens, et, par conséquent, la liberté égale tpour tous est la loi de justice, qu'il est bien permis d'invoquer, sans en adopter le principe, puisque l'Eglise elle-même reçoil le serment de la faire observer. Charles X. dans son -acre, en jurant de gouverner suivant la charte, n'a-t-il pas juré de protéger égalemenl toutes les religions? Assurément, il n'entendait pas dire par là qu'elles lussent à ses yeux toutes égalemenl bonnes, niais il s'engageait, comme roi, à ne gêner le libre exercice d'aucune. Or, s'il est permis au prince de prendre cet engagement, il doit être permis aux sujets de demander qu'il y tienne.
3° Le pape condamne la révolte ettouteequi a le caractère de sédition, dans le cas même où il y aurait un juste sujet de plainte ; ainsi, jamais, sous quelque prétexte que ce soit, on ne doit faire ni trames, ni complots contre les princes : voilà la règle conservatrice de l'ordre public, et sans laquelle il serait perpétuellement troublé par des soulèvements et des violences.
Mais ceci n'est pas en contradiction avec l'enseignement des plus célèbres théologiens : Saint Thomas, Soto, Molina, Navarre, Covarruvias, Sylvius, Lessius, Bellarmin, Suarez, etc.
Aucun ne fait dériver la souveraineté temporelle de la force, comme si elle était le titré unique des princes à l'obéissance des hommes ; au contraire, ils enseignent que les droits du pouvoir, quelle que soit la forme du gouvernement, sont fondés sur l'assentiment commun ; que ces droits cessent d'être légitimes quand ils sont exercés contre l'intérêt général, et qn'enfin lorsque la tyrannie est portéeàun excès intolérable, cl qu'elle entraine la ruine de la communauté, l'autorité publique qui représente la nation peut retirer au prince le pouvoir dont il abuse, parce que le pouvoir, quoique venant de Dieu, est toujours subordonne aux conditions que nous venons île rappeler.
4" Le pape déclare qu'il voit plus d'inconvénients que d'avantages a la séparation de l'Eglise et de l'Etat; donc, nous irions cmitre la volonté du Chef de l'Eglise, c'est-à-dire de celui à qui Jésus-Christ en a confié le gouvernement, m nous réclamions avec de nouvelles instances cette séparation. J'observe encore que, dans la lettre citée ci-dessus I . le cardinal ne se plaint que de re que cette question a été traitée devant le public : il ne condamne point l'opinion en elle-même, et. en etl'et. toul le monde sait que le pape a approuvé pour la Belgique ce que nous désirions pour la France.
D'après cet expose, la conduite que nous avons à tenir est celle-ci :
1° Ne jauni-- balancer à déclarer, lorsqu'on nous en parlera, et alors seulement, que nous sommes pleinement soumis à I Encyclique,
I La lettre adressée ■< Félicité .le la Monnais, ap:vs l'Encyclique Mirari vos, par le cardinal Paeca.
et, par conséquent, ne jamais ilire un oiot qui tende à diminuer son autorité et le respect qui est dû au Chef de l'Eglise.
2" Eviter d'en donner des interprétations^ parée que les esprits sont si prévenus, qu'il n'y a aucun espoir de leur en l'aire comprendre aucune.
3° Etre, devant Dieu, dans la disposition sincère d'abandonner franchement les interprétations mêmes qui nous paraissent les plus satisfaisantes et les plus claires, si elles ne se trouvent pas d'accord avec celles que le pape donnera lui-même de son jugement. — Pièce inédite. — Archives des Frères.
PROJET D'ASSOCIATION ENTRE D'ANCIENS MEMBRES DE LA CONGRÉGATION DE SAINT-PIERRE
« Au nom de la très sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit.
Après avoir passé quelques jours dans la prière et dans la retraite, pour examiner devant Dieu de quelle maniéré nous pourrions contribuer davantage à sa gloire et rendre à l'Eglise plus de services.
Considérant : 1° que déjà la Providence nous a appelés à prendre part à plusieurs œuvres qui s'accroissent et se développent chaque jour, mais qui pourraient difficilement se soutenir et se perpétuer si nous les abandonnions entièrement à elles-mêmes;
2" Que, dans ce moment, nous sommes sur le point de fonder des établissement-^ nouveaux, dont le succès dépend de la parfaite union qui régnera entre nous, union qui elle-même ne peut exister qu'autant que nous agirons sous une direction commune, et que nous serons attachés les uns aux autres par des liens sanctifiés par la religion;
3° Que diverses circonstances inattendues semblent nous avertir qu'il entre dans les desseins de Dieu que nos œuvres, s'étendent prochainement hors le pays dans lequel, jusqu'ici, nous les avons renfermées;
4° Que plusieurs évêques éminents par leur science et leur piété et des prêtres remplis de lumières et de zèle approuvent et encouragent nos efforts :
• i" Que la plupart d'entre nous restent en Bretagne, mais que d'autres sont sur le point de s'en éloigner pour faire ailleurs le même bien, et peut-être, nous l'espérons, un bien plus grand :
Désirant que cet éloignèment ne soit pas une séparation, mais qu'il contribue, au contraire, à nous unir plus intimement en Celui à qui appartient l'univers entier, et tout ce gui l'habite; de sorte que, placésà de grandes distances, nos travaux ne soient pas isolés, et que nous puissions compter les uns sur les autres pour atteindre plus sûrement le but commun,
Nous avons résolu de faire vœu el nous faisons vœu de nous consacrer pendanl trois ans. sans aucune vue d'intérêt humain, à toutes les bonnes œuves dont nous sommes déjà chargés, ou que nos moyens nous permettront d'entreprendre, sous la direction du chef que nous aurons élu à La majorité des voix, ou que nous élirions de nouveau en cas de mort,
lui promettant pleine et entière obéissance. Pendant ces trois années, des constitutions seront faites, et. après que nous les aurons examinées et discutées, nos engagements pourront devenir définitifs, avec l'approbation de l'autorité ecclésiastique.
Nous promettons une pleine et entière soumission d'esprit et de cœur au jugement de X. S. P. le Pape, Père et Docteur de tous les chrétiens:
Srosternés aux pieds de la très sainte Vierge, nous la prions humblement e bénir nos travaux, et nous la choisissons pour notre principale Patronne ».
Ploërmel. 17 septembre 1835.
J.-.M. DE LA MeNNAIS. — ROHRBACHER. — RUAULT. — - A. MASSIAS. — HOl ET
— Boctelocp. — Chevalier. — Lf. Masson. — P. Mermet.