QUELQUES INVITES
L*^' fricot embaume ! J'ai faim !
(On entend la musique dans la salle de bal).
HENRI (s^ efforçant de s^égaycr) La musique ! c'est admirable !
1er OUVRIER Nous danserons jusqu'au matin !
Ire BOTTERESSE Mangeons d'abord !
2e BOTTERESSE (regardant le fond de son assiette)
Non vrai ! ma conscience Est moins blanche que cela...
LOUIS
Vraiment, Ce que l'on s'offre en l'occurrence, No vous fatigue i)as la deqt ' Ici ! ce n'est que le marmot qu'on croque.
HENRI Qui n'a pas ce qu'il veut, doit croquer ce qu'il a I
1er OUVRIER Sei^vez !
TOUS
Seulement un œuf à la coque.
LOUIS Ne criez pas, pour Dieu, comme cela !
HENRI
Patron !
LOUIS (impatienté à part)
Mais... oii donc est le maître?
(// se lève délibérément et entre par la gauche)
HENRI
Réclamons tous en chœur ! Patron ! Hé donc !
TOUS
Sous la dent que va-t-on se mettre ?
i/2 CHŒUR On meurt de faim !
12 CHŒITR
On meurt de soif.
TOUS
Patron !
LOUIS (réapparaissant)
Patience ! Jean se trouve en retard. Hubert l'attend...
TOUS
Tant pis î nous mangerons sa part...
LOUIS
Si vous voulez faire silence.
Pour vous faire prendre patience, Je vous (lirai notre menu... .
Je vous dirai mon menu...
COUrLETS DU Ml'.XU (Enumêrant sur ses doigts)
LOUIS
D'abord, c'est le potage, Un potage au fromage Avec du lard et des oignons.
Puis — cuisine bourgeoise A la mode liégeoise —
Un tendre salmis de rognons.
Après cela — surprise !
Mets divin ! chère exquise ! —
Sur un beau lit de champignons, La poularde truffée Saisie à Pétouffée.
Et deux cochons de lait, roses et ronds. —