‹ Jean Molinet: La Vie - Les ŒuvresChapitre 10 sur 157 · Arch. du Nord, B 17687, 18 juillet · texte numérisé non relu

Arch. du Nord, B 17687, 18 juillet

4, Arch. du Nord, B 17698 : Une chose est de quoy ne me puis taire, cest que m'avez tout esvergondez de m'avoir envoié argent, dont je ne suis point costumier de le prendre, ne aussi qu'on m'en envoie, car je ne veul point vendre mon service fait as gens de bien, a pris d'argent. J'envoie devers vous faire une petite supplication, sur une chambre que j'ay fait poindre et garnir d'ung cassis de virriots… L'ouvrage est bel et plaisant et l'ay fait faire a l'appetit de Monseigneur de Charollois, qui y couche dedens, quand il y est. J'ay grant somme alloué en ma maladdie et en mon voiage de Saint Quentin, la ou j'ay fait ma noefvaine et ne m'est mestier de paier la maison de Monseigneur a mes despens.

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du pape Sixte IV !. Sa présence à Valenciennes en 1473 est attestée par plusieurs documents. Le premier mai de cette année, Charles le Téméraire tint dans cette ville le douzième Chapitre de l'Ordre de la Toison d'or. La fête fut somptueuse et brillante : elle dura douze jours et la duchesse de Bourgogne, Marguerite d’York, y assista ?. Molinet contribua, pour sa part, à l'éclat des réjouissances. Selon Jean Cocqueau, il y eut force histoires et ballades, des joutes et des tournois ; Molinet fit une belle comedie, pour laquelle eut dix escus *. Le maître et le disciple purent se réjouir en cette occasion : si Molinet put faire apprécier ses talents littéraires, Chastellain reçut la récompense que lui avait méritée son dévouement à la maison de Bourgogne : il fut admis au rang de chevalier de l'Ordre de la Toison d’or .

Chastellain n'avait plus que quelques années à vivre : il mourut le 13 février 1475 5. Depuis presque un an, Charles le Téméraire assiégeait la ville de Neuss, qui s'était rebellée contre l'archevêque de Cologne, Robert de Bavière, frère du comte palatin, Frédéric le Victorieux. Molinet se rendit auprès du duc de Bourgogne ; 1l sollicita et obtint la charge que son maître avait si bien remplie. Il raconte lui-même cette démarche dans ses Chroniques, Autre prologue : Moy doncques, le plus rude de tous les aultres, me tyrai vers la serenité de nostre tres redoubté prince invaincu, estant en son siege de Nusse, et luy depriay, en toute humilité, qu'il lui pleusist moy donner licence de parachever ce que mon tres honoré seigneur et maistre, que Dieu pardoint, avoit encommancé et icelui, de sa benigne gré, et en faveur de haults et puissants seigneurs, mes mediateurs intercessoires, le m'accorda liberalement. L'un de ces protec-

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