‹ Jean Petitot et Jaques BordierChapitre 9 sur 25 · C. COLLECTION DE M. LE BARON EUGÈNE ROGER (Paris · texte numérisé non relu

C. COLLECTION DE M. LE BARON EUGÈNE ROGER (Paris

I. Le marquis de Barbe:(ieux. — 2. Marie-Louise d'Orléans. — 3 et 4. Louis XIV. Deux portraits dont l'un représente le roi dans sa jeunesse et l'autre dans son âge mûr. — ^. La comtesse de Southampton. — 6. M""" de Mainîenon. — 7. Un portrait présumé de Massillon. — 8. Un autre portrait qui pourrait représenter La Bruyère.

— 9. Le cardinal de Richelieu. — 10. La duchesse de Pembroke. — 11. Louise-Marie de Gon^ague, princesse Palatine. — 12. M""" de Combaleî, nièce de Richelieu.

— 13. Une inconnue. — 14. Monsieur, frère du Roi.

— 15. M"'^ de Monîespan. — 16. Jacques II, roi d'Angleterre; ce dernier monté sur une clef de montre, tandis que les autres sont enchâssés dans des boites d'or ou d'ivoire.

Je lis dans un carnet d'Henri Bordier, à la date du 23 mai 1884 :

« M. le baron Roger du Nord est venu aujourd'hui sur la recommandation de M. Chabouillet, de la Bibliothèque Nationale, et de M. Reiset, du Louvre, me demander mon avis sur une collection d'émaux de Petitot, dont il est propriétaire, en partie par héritage de famille. Ils sont pour la plupart fort beaux, quoique sans noms certains, à l'exception du cardinal de Richelieu, d'Anne de Gonzague, couronnée, d'une veuve Scarron et d'une }j[me jg Montespan. Il n'y en avait qu'un de femme blonde qui me fût tout à fait inconnu, ainsi qu'un très grand, (environ dix centimètres de diamètre), qui paraît être un portrait d'homme de lettres, ainsi qu'un petit, qui paraît être un magistrat. Le plus curieux est un portrait que M. Roger du Nord croit être celui de Jacques II, roi d'Angleterre, ce que je ne crois pas, parce qu'il est de la première manière, un peu rude, du peintre, c'est-à-dire d'un temps où Jacques aurait été trop jeune pour donner cette figure barbue. Cet émail offre la particularité d'avoir été monté en clef de montre. »

Le même journal renferme d'intéressantes notices sur deux autres possesseurs d'émaux de Petitot : le duc de Richelieu (19, Boulevard de la Madeleine) et M. Marins Michel (26, rue des Mathurins).

« 4 décembre 1862. Le duc d'Anjou, petit-fils de Louis XIV, n° i de la vente du 26 mars 1862 acheté par M. de Richelieu. L'émail est signé de Petitot fils, écrit au pinceau, en bistre très pâle, au dos de la plaque. Pièce extrêmement remarquable par sa perfection qui atteint presque à ce qu'il y a de plus pur et de plus

gracieux dans les ouvrages du père. Mais ce presque est beaucoup. Il consiste en ce que les chairs sont bleues et roses, comme sur la porcelaine, au lieu d'avoir ce ton chaud et vrai des Petitot Bordier. Elles sont cependant fort belles d'ailleurs et, comme le personnage est un garçon joufflu et florissant de 13 a 14 ans, ce qui fait, par parenthèse, dater cette peinture des années 1696 ou 1697, ces tons fleuris lui conviennent très bien. Dans les parties saillantes de la cuirasse, surtout dans les fleurs de lys, il y a du rehaut en or. La cravate aussi est moins légère et moins légèrement brodée que chez le père. C'est cependant, je le répète, une peinture faite avec un talent des plus remarquables et dont sont bien éloignés Zincke et les autres émules des Petitot, d'autant plus que Petitot, le père, étant mort en 1691, on ne peut pas dire qu'il ait aidé à cet ouvrage de son fils.

« M. le duc de Richelieu possède en outre une M"^ de Montpensier, très belle, tournée de trois quarts à gauche, mais que je n'ai qu'entrevue. Il a encore, mais provenant d'une autre origine, un grand émail, d'après le portrait usuel du cardinal son ancêtre, et une princesse qu'il a fait monter en boîte, une jeune femme au nez retroussé et franchement laide, qu'il croit être une princesse de Savoie. L'émail, qui représente le cardinal, est, pour le style, d'une ressemblance frappante avec la Ninon de Lenclos du Louvre et, comme elle, plus grand que ne le sont usuellement les Petitot. La plaque a très peu de convexité et la peinture est entièrement faite au pointillé, d'un pinceau

assez gros pour que le grain soit très apparent à l'œil nu. Le faire est identique dans les deux et se sépare totalement des Petitot ordinaires, ce qui pourrait être tenu, par les critiques sévères, pour une marque d'inauthenticité.

« M. Marins Michel possède une Marie-Thérèse, épouse de Louis XIV, un bel émail qui semble bien être de Petitot, quoique le fond soit mal cuit et manque complètement de transparence (décembre 1862). » « La grande Exposition Universelle, faite à Paris, au Champ de Mars, » écrit encore Henri Bordier, « n'a fait connaître qu'un très petit nombre d'émaux de Petitot, qui étaient placés dans les vitrines de l'Histoire du Travail, France, XVII"'^ siècle. Le catalogue imprimé se montre d'une extrême brièveté à leur égard. Voici le détail de tout ce qui en est venu à ma connaissance, de visu. » Emaux appartenant :

a) Au DUC DE LA Rochefoucauld Bisaccia :

I. Une jeune femme en corsage bleu, à ramages noirs et ouvert par devant. Visage de trois quarts à gauche. Cheveux châtains bouclés et flottant autour de la tête. De grosses pendeloques aux oreilles. Point de collier. Sur la bordure du cadre est gravée cette inscription : M"^ Anne d'Albert, fille de Charles-Albert, duc de Luynes, pair et grand fauconnier de France, et d'Anne de Rohan, fille du duc de Montbazon et de Marie de Bretagne, comtesse de Vertus, mariée à Charles de Rohan, prince de Guémené, duc de Montbazon, pair de

France. Cet émail est donc le portrait d'Anne de Luynes, duchesse de Montbazon, une des plus célèbres héroïnes de la Fronde.

•2. Une gravure d'homme de lettres, à grande perruque, vêtu d'une robe de chambre bleue à ramages d'or et garnie d'un collet de fourrure brune.

b) Au BAROx DE Theis :

1. Une dame grasse et blonde, tournée de trois quarts à gauche, avec un corsage bleu à ramages d'or, une sorte de bracelet rouge au haut du bras gauche, une broche ronde en acier jetée par-dessus le corsage, une draperie bleue à fleurs d'or tombant sur le bras droit.

2. Une copie du portrait du duc d'Anjou enfant, dont l'original appartient au duc de Richelieu.

c) Au DUC DE MoucHY :

I. Un grand Louis XIV. — 2. Une princesse espagnole. — 3. Un ravissant jeune seigneur à grande perruque blonde, portant une cuirasse sur laquelle se détache une cravate de dentelles serrée par un nœud de velours écarlate.

d) A LA COMTESSE Dryalinska :

I. Un Louis XIV dans la force de l'âge. — 2. Un magistrat coiffé d'une perruque noire.

e) A M. LÉopoLD Double :

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