‹ Jean Poltrot, seigneur de Méré, meurtrier de M. de Guise, 1563Chapitre 4 sur 43 · HnANTOMi-. I. \y. p. J.îi-i.J.S · texte numérisé non relu

HnANTOMi-. I. \y. p. J.îi-i.J.S

6 PIEUHE DE VAISSIÈHE

pas jusqu'à cette magnilîcence d'armes et de vêtements tout à fait d'accord avec les goûts somptueux et dispendieux du prince ' qui ne flattât ceux de ses admirateurs et de ses partisans.

Que navons-nous un portrait aussi coloré et aussi saisissant du héros en face d'autres ennemis que des Français ! C'est sur les champs de batailles, aux sièges et aux assauts, aux surprises des villes que nous aimerions le voir ainsi pris sur le vif, car c'est là qu'il avait conquis la faveur enthousiaste des gens de guerre, et, là, par autre chose, il est vrai, que par ses mérites extérieurs : avant tout, par une sûreté de coup d'œil et une décision qui le font rarement revenir sur une résolution prise et lui inspirent des ordres et des commandements jamais hasardés, « estant si plein de jugement à sçavoir prendre son parti, écrit Monluc, qu'après son opinion il ne falloit pas penser en trouver une meilleure "^ » ; — par une activité toujours en éveil, qui prévoit tout, s'occupe de tout : car on le voit « passant des nuits entières aux tranchées » avec son pourpoint de satin blanc, pour mieux signaler sa présence à ses hommes -^ ; « se faisant porter son dîner aux remparts, de peur de mettre trop de temps à aller et venir de son logis ^ » ; <( morion en teste et la targe d'acier au bras ^ », «. menant lui-mesme les capitaines et soldats loger ou placer dans les fossez, ou dans les tours, ou sur le haut des tranchées '' » ; — par une passion de son métier, enfin, qui lui fait « prendre sans distinguer la faction de colonel, de maistre d'artillerie, de maistre de camp, de capitaine et de soldat " » : pendant le siège de Metz, il porte la hotte aux l'emparts, comme un simple goujat ; à Calais il s'avance dans les marais avec de l'eau jusqu'à la ceinture pour reconnaitre une position^; à Thionville, il se mêle aux arquebusiers pour sauter la brèche ■'; à Rouen, il va explorer lui-même les abords de la porte

i. Un délail en fera foi. En Tannée lJo2. les dépenses du duc montent à 265.506 livres, alors que ses revenus atteignent 247.509 livres. — Cf. là-dessus les Comptes de Guillaume de Champagne, trésorier de Guise de 1562 et 1563, à la Biui-. Nat. fr. 22.433.

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