‹ Jean qui grogne et Jean qui ritChapitre 19 sur 55 · QUATRIÈME GARÇON · texte numérisé non relu

QUATRIÈME GARÇON

Farceur, va! Les peintres sont des artistes, et les artistes ne sont pas des Rothschild.

SIMON

Ils sont mieux que ça! Ils sont les amis de ceux qui souffrent.

PREMIER GARÇON

Ce n'est pas ça qui donne de l'argent, camarade. Et il faut en avoir de reste pour des vêtements comme les vôtres.

JEAN

Notre monsieur Peintre est riche, nous a dit le tailleur.

PREMIER GARÇON

Alors c'est un Vernet, un Delaroche, un Flandrin?

JEAN

Je n'en sais rien; on n'a pas voulu nous dire son nom. Mais ce que nous savons, c'est qu'il est pour nous un bienfaiteur, un ami, un ange du bon Dieu.

PREMIER GARÇON

C'est bien, ça, Jean! C'est bon d'être reconnaissant; il J a tant d'ingrats de par le monde!

JEAN

Ce n'est pas Simon et moi qui le serons jamais; tant que nous vivrons, nous prierons pour ce monsieur Peintre et nous l'aimerons.

SIMON

Avec tout ça, il faut partir, Jean; puisque M. Métis a eu la bonté de nous donner congé, ce serait bète de ne pas en profiter. Au revoir, camarades ; à demain !

TOUS LES GARÇONS, 7nant et saluant profondément.

Au revoir, messeigneurs ! Que Vos Altesses daignent s'amuser, daignent danser, daignent manger, etc.

SIMON

Soyez tranquilles, camarades; nous serons bons princes, et nous ne serons les derniers pour rien. » Simon et Jean sortirent pleins de joie.

JEAN

D'après l'effet produit au café, juge de celui que nous produirons chez M. Amédée. Mlle Aimée va-t-elle te regarder! va-t-elle t'admirer!

SIMON

Si elle me regarde, je la regarderai bien aussi; elle n'est pas désagréable, tant s'en faut. »

Ils arrivèrent, et ils firent leur entrée avec tout le succès désiré ; il j avait déjà beaucoup de monde. Le petit commerce était arrivé : les épiciers, les merciers, les bottiers, etc. On attendait le haut commerce et le faubourg Saint-Germain, toujours en retard. Chacun se retourna pour voir les deux frères, qu'un chuchotement général du côté des demoiselles signala à l'attention des messieurs. Simon et Jean saluèrent M. et Mme Amédée, puis ils s'avancèrent vers le groupe des demoiselles, qui regardaient, qui souriaient, qui minaudaient, témoignant ainsi leur admiration pour leurs futurs danseurs et l'espoir d'une invitation.

Simon salua et resalua particulièrement Mlle Aimée, qui fit révérence sur révérence, qui se détacha du groupe et s'avança vers Simon et Jean.

« Vous arrivez bien à propos, monsieur Simon; on va commencer à danser; les messieurs vont faire leurs invitations.

SIMON

Alors, mademoiselle, voulez-vous danser avec moi la première contredanse?

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