‹ Jean RivardChapitre 16 sur 37 · UNE SECONDE VISITE A 6RANDPRE · texte numérisé non relu

UNE SECONDE VISITE A 6RANDPRE

On était à la fm d'octobre. Jean Rivard informa ses deux compagnons qu'il allait partir de nouveau pour Grandpré.

Son intention était d'embrasser encore une fois sa bonne mère et ses frères et sœurs, de retirer, s'il était possible, le reste de son patrimoine, puis de disposer d'avance, de la manière la plus avantageuse, des produits qu'il aurait à vendre (car il faut se rappeler que c'est par anticipation que nous avons déjà parlé de son revenu de l'année), et enfui de se pourvoir de divers effets, objets de toilette, comestibles et ustensiles, dont les uns étaient devenus indispensables et les autres fort utiles.

Sa visite avait aussi un autre but que mes jeunes lecteurs ou lectrices, s'il s'en trouve qui aient voulu suivre notre héros jusqu'ici, comprendront facilement.

Avant son départ, il annonça à ses deux hommes, devenus l'un et l'autre ses créanciers pour d'assez fortes sommes, qu'il les paierait à son retour. Lachance parut satisfait, et offrit môme de contracter un engagement pour un nouveau terme de six mois. Quant à Pierre G^gnon, il paraissait, contre son hahitnde, tout-à-fait soucieux; il avait évidemment quelque chose sur le cœur, et Jean Rivard craignit même un instant qu'il ne parlât de quitter son service. Mais cette appréhension était sans fondement ; ce qui rendait Pierre Gagnon sérieux, c'est que lui aussi avait son projet en tête. En effet, ayant trouvé l'occasion de parler à son maître en particulier : ^^^ «( Monsieur Jean, lui dit-il, je n'ai pas besoin pour le moment des quinze louis que vous me devez, et je peux vous attendre encore un an, mais à une condition : c'est qu'en passant à Lacasseville, vous ache lerez pour moi le lot de cenl arpents qui se trouve I

au sud du vôtre C'est une idée que j'aidepuisï

longtemps, ajouta t-il; je travaillerai encore pour vous pendant un an ou deux, après quoi je commencerai à défricher de temps en temps pour mon compte. Qui sait si je ne deviendrai pas indépen-l dant moi aussi ?

— Oui, oui, mou ami, répondit Jean Rivard sans hésiter, j'accepte avec plaisir l'offre que tu me fais. Ton idée est excellente, et elle me plaît d'autant plus que je serai sûr d'avoir en toi un voisin comme on n'en trouve pas souvent. Va ! je connais assez

j ton énergie et ta persévérance pour être certain d'a-

Ivance que tu réussiras même au delà de tes espérances.

Jean Rivard partit de sa cabane et se rendit à Lacasseville où il s'arrêta quelque temps pour y négocier la vente de ses produits, y régler diverses petites affaires et saluer son ami et protecteur M. Laçasse auquel il avait voué dans son cœur une éternelle reconnaissance; après quoi il se fit conduire en voiture jusqu'aux établissements du bord du fleuve. Rendu là, il loua un canot pour traverser le lac St. Pierre. Notre héros maniait fort bien l'aviron, et ne craignit pas de s'aventurer seul sur les flots. Assis au bout de sa nacelle, il partit en chantant gaiement :

Batelier, dit Lisette,

Je voudrais passer l'eau.

; et les autres chansons que lui avait apprises son ami \ Pierre. L'atmosphère était si parfaitement calme et jla surface du lac si tranquille que la traversée se fit j en très peu de temps.

Au moment où Jean Rivard débarquait sur la rive

nord, le soleil pouvait avoir un quart d'heure de •haut; ses rayons inondaient la plaine et se réflé- 1 laient de tous côtés sur les clochers et les toits de

fer-blanc. Il voyait à sa droite l'église de Grandpré, let à sa gauche celle de la paroisse voisine, toutes Ideux s'élevant majestueusement dans la vallée, et [dominant les habitations; elles apparaissaient comme ; enveloppées dans un nuage d'encens. Les longues [suites de maisons, assises l'une à côté de l'autre, 'quelquefois à double et à triple fang, et remplissant

les trois lieues qui séparaient les deux clochers, se

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leroulaieiit à ses regards. Quoique à une assez ;rande distance il pouvait distinguer parfaitement a maison de sa mère, avec le hangar, le fournil, la ; range et les autres bâtiments de la ferme nouvellenent blanchis à la chaux, ainsi que la maison de )rique voisine, celle du père François Routier, et les irbres du jardin. Ce spectacle, intéressant même )Our un étranger, était ravissant pour Jean Rivard. 1 lui passa comme un frisson ds joie par tout le ;orps, il sentit son cœur se dilater de bonheur, et )artit de suite à travers champs, fossés et clôtures )Our se rendre à la maison paternelle. Il était léger ( ;omme l'air et semblait voler plutôt que marcher.

A mesure qu'il approchait des habitations, il ntendait plus distinctement les voix humaines elles îris des animaux; peu à peu certains sons qui ne lui ; taient pas étrangers vinrent frapper ses oreilles ; / bientôt même il se sentit comme électrisé par le jap- '^ pement de « Café, » le vieux chien de la maison et son ancien ami, qui allait et venait de tous cotés, se démenant en tous sens, sans qu'on pût savoir à qui il en voulait. Le bon chien ne cessa de japper que lorsque, accourant derrière la maison, il reconnut son ami d'enfance qu'il n'avait vu depuis si longtemps; il l'accabla de témoignages d'amitié, l'empêchant presque d'avancer à force de frôlements et de caresses. Ce bon animal descendait probablement d'Argus, le fameux -chien qui reconnut son maître Ulysse après vingt ans d'absence et dont le divin v Homère a fait connaître l'histoire à la postérité.

Comme on vient de le voir, la maison de la veuve Rivard étant bâtie sur le côté sud du chemin, c'était par le côté faisant face au fleuve que Jean devait

entrer. Or, ou éiait juste à l'heare où le crépuscule' faisant place à la nuit, l'atmosphère revêt une teinte d'un gris foncé qui ne permet guère de distinguer des objets à distance. La soirée était magnifique ; une température douce, presque tiède, un air pur et serein, invitaient à prendre le frais, et toute la famille Rivard, depuis la mère jusqu'au petit Léon qui n'avait pas encore quatre ans, était sur le devant de la maison, les uns assis sur le perron, causant de choses et d'autres, les autres jouant et gambadant dans le sable ou sur le gazon. Jean Rivard put ainsi entrer et parcourir même daux ou trois appartements, sans être remarqué. Les portes et les fenêtres étant ouvertes, il pouvait entendre sa mère et ses frères et sœurs converser à haute voix. 11 lui prU alors fantaisie de leur faire une surprise. Sans sortir de la maison, il vint s'asseoir tranquillement près Ide la porte, d'où il pouvait facilement suivre la conversation.

« Ce pauvre Jean, dit bientôt la bonne mère en soupirant, je ne sais pas pourquoi il retarde si longtemps à venir nous voir! Il devait venir au commencement du mois. Pourvu, mon Dieu, qu'il ne soit pas malade ou qu'il ne lui soit pas arrivé d'accident !

— Oh ! pour ce qui est de Jean, maman, dit un des frères, vous n'avez pas besoin d'avoir peur, le malheur ne le connaît pas ; et quant à être malade, vous savez que ça n'est pas son habitude ; je ne vois qu'une chose qui pourrait le rendre malade, c'est de trop penser à Louise Routier, et ce n'est pas une maladie comme ça qui l'empêcherait de venir. — Louise m'a demandé aujourd'hui quand est-ce

i il allait venir, dit la petite Lucc, la plus jeune fille «

! Madame Rivard, qui pouvait avoir cinq ans. — Tiens, elle ne me demande jamais ça à moi. dit b des garçons.

-C'est qu'elle a peur que tu te moques d'elle, dit xf

n autre ; tu sais comme il ne faut pas grand'chose ' ,v>> 'Dur la faire rougir. '-*^0''

-Moi, dit Mathilde, il y a quelque chose qui mej' it que Jean sera ici demain ou après demain.

-J'espère au moins, s'empressa de dire la bonne 1ère que cette seule supposition rendait presque )yeuse, j'espère que vous n'avez pas mangé toutes s prunes ?

— Ah ! pour ce qui est de ça, dit Joseph, du train ^'

je ça va, Jean ferait mieux de ne pas retarder. J^ ç,

— Le pauvre enfant ! continua la mère, il ne mange iv *^ las grand'chose de bon dans sa cabane, au milieu? ^

;es bois il travaille toujours comme un merce- ^^^n "^

laire, il endure toutes sortes de privations et ■

eut cela pour ne pas m'être à charge, pour m'aider "^

i vous établir

Et de grosses larmes coulaient sur ses joues

— Ne vous chagrinez pas, ma mère, dit tout-à-coup fean Rivard en sortant de sa cachette 'et s'avançant sur le perron : il y a déjà cinq minutes que je suis

lans la maison et que je vous écoute parler

Ce fut un coup de 'théâtre.

— Vous voyez, ajouta-t-il de suite en l'embrassant, et en embrassant tous ses frères et sœurs, que je suis en parfaite sauté, puisqu'après avoir traversé le lac tout seul dans mon canot, je me suis rendu à pied jusqu'ici, à travers les champs.

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La mère Rivard resta pendant plusieurs minutes toute ébahie, toute interdite, ne pouvant en croire ses yeux, et Jean Rivard regretta presque de lui avoir causé cette surprise. Les frères et soeurs, moins énervés que leur mère, parlaient tous à la fois et criaient à tue-tête ; ce fut pendant quelques minutes un tapage à faire peur.

Mais chacun finit par reprendre seè sens, et l'on v| put bientôt se parler et se considérer plus froidex^' ment.

^ <^ Jean Rivard trouva sa bonne mère bien vieillie ; ^ ■ /ses cheveux avaient blanchi et de larges rides commençaient à sillonner son front. Elle se plaignait de fréquents maux de tête et d'estomac, et les attrir'buait en grande partie aux inquiétudes incessantes, qu'elle éprouvait sur l'avenir de ses enfants. '

Le résultat de ses travaux de l'année, que Jean Rivard s'empressa de mettre sous ses yeux, en l'accompagnant de commentaires, fut pour elle un grand sujet de consolation, en môme temps qu'il parut surprendre le reste de sa famille.

— Oh ! pour ce qui est de toi, mon cher Jean, dit la mère, tu as toujours eu tant de courage, je suis bien sûre que tu réussiras ; mais tes jeunes frères que je laisserai avec si peu de fortune, que deviendront-ils après ma mort ?

— Eh bien ! maman, s'empressa de dire Antoine, le troisième des frères, qui arrivait à ses dix-sept ans, si c'est cela qui vous rend malade, consolez-vous : ne puis-je pas faire comme Jean, moi aussi? Crois-tu, Jean, qu'avec mes quatre-vingts louis d'héritage je pourrais devenir un grand propriétaire comme toi?

— Certainement, et si tu le désires, j'achèterai pour

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;toi le lot situé au nord du mien, qui offre à peu près/ Jles mêmes avantages. Tu passeras encore un an à; la maison paternelle ; pendant ce temps là je te fera^ défricher quelques arpents de terre, et quand t voudras, plus lard, te consacrer sérieusement à ter exploitation, tu viendras loger tout droit chez moi nous combinerons ensemble les moyens de te crée une existence indépendante.

— Et moi aussi, dit en riant Joseph, qui avait envi^ ron quinze ans, je veux aller m'établir au célèbre village de Louiseville.

— C'est bien, c'est bien, je retiendrai aussi un lot pour toi, et, s'il est possible, un pour chacun des plus jeunes. Qui sait si dans cinq ou six ans, vous ne serez pas tous devenus riches sans vous en aperce-; voir !

— Ah ça ! s'écria la sœur Mathilde, allez-vous me" laisser ici toute seule ? Heureusement, ajoula-t-elle sur le ton de l'incrédulité, que vous n'êtes pas encore partis.

— Oh ! moi, dit le petit Léon, je resterai avec maman. Hein ? maman, dit-il, en s'approchant de ses genoux et la regardant avec ses beaux grands yeux...

Pour toute réponse, la mère l'embrassa eu essuyant ses larmes.

Ces petites scènes de famille, tout en mettant à l'épreuve la sensibilité de la mère Rivard, ne laissaient pas que d'être consolantes pour elle. L'exemple de son fils aîné, et surtout ses succès, allaient avoir un bon effet sur les dispositions de ses frères ; et quelque pénible qu'il fût pour elle de se séparer ainsi des êtres les plus chers à son cœur et les plus propres à embellir son existence, elle se disait qu'il

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valait mieux après tout les voir moins souvent et les savoir à l'abri du besoin que d'avoir chaque joursous ses yeux leur état de gôwe, peut-être d'indigence.

Pour changer le cours de ses idées, Jean Rivard lui disait avec sa gaité ordinaire : « Prenez courage, ma bonne mère ; dans cinq ou six ans, vous n'aurez qu'à traverser le lac, je vous enverrai mon carrosse, et vous viendrez visiter le village Rivard; vous viendrez embrasser vos enfants, et qui sait ? peùl-èlre aussi vos petits enfants »

— Tiens, ça méfait penser, dit Mathilde, que tu ne pouvais jamais venir plus à propos; il va y avoir demain ou après-demain une épluchellc de blé d'inde chez notre voisin Monsieur Routier ; il y aura de la danse ; lu peux croire si nous aurons du plaisir ; j'espère bien que lu viendras avec nous?

— Tu sais bien que je ne danse pas.

— Tiens, il n'y a donc pas de maître de danse à Louiseville, dit-elle en riant? Eli bien! tu nous regarderas faire. En outre, ne pourras-tu pas avoir le blé-d'inde rouge, tout comme un autre?

— Mais, j'y pense, là, dit Jean Rivard, je ne vois pas ce qui nous empêcherait d'aller faire un petit tour dès ce soir même chez nos bons voisins ?

— Et nos bonnes voisines.

Et voilà Jean Rivard parti, suivi de toute la famille, pour se rendre, chez Monsieur Routier, où il fut, comme on le pense bien, reçu à bras ouverts et avec toutes les démonstrations de la joie la plus cordiale par le père, la mère et les enfants. Louise, qui paraissait être la plus froide, n'était cependant pas la moins émue. La conversation se prolongea fort avant dans la nuit ; on y parla de mille choses et en

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particulier de celte fameuse rencontre d'ours où Jean Rivard avait failli perdre la vie. On peut s'imaginer les exclamations, les cris de surprise et de frayeur qui partirent de la bouche des femmes en entendant Jean Rivard lui-même raconter toutes les circonstances de cette aventure.

On ne se sépara qu'à regret et en se promettant de se revoir le lendemain. \

Ce lendemain fut employé par Jean Rivard à régler différentes affaires et à visiter ses parents et connaissances de Grandpré, sans oublier le bon curé M. Leblanc dont il gardait pieusement le souvenir dans son cœur.

r Le soir de i^é^luchelte, Jean Rivard dut se rendre, accompagné de sa sœur et de ses jeunes frères,.à la maison da père Routier. Cette fête ne l'intéressait cependant pas autant qu'on pourrait le croire. Il éprouvait bien naturellement le désir d'aller chez le père de sa Louise, mais il eût préféré s'y trouver en moins nombreuse compagnie et dans un autre but que celui d'y effeuiller du blé d'inde. Il avait d'ailleurs de fâcheux pressentiments qui ne se vérifièrent malheureusement que trop.

Parmi les nombreux invités se trouvait un jeune homme d'une tenue irréprochable, portant surtout, pantalons et gilet noirs sans parler d'une belle mous- \ s, tache cirée et d'une chevelure peignée avec le plus j^' grand soin, ce qui le rendait naturellement le pointih^* de mire de toutes les jeunes filles. C'était un jeune vi> marchand du nom de Duval, établi depuis peu à i Grandpré, après avoir fait son apprentissage à Mont- V Iréal, et qui, aimant passionnément la danse et lesl amusements de toutes sortes, trouvait le moyen de l se faire inviter à toutes les fêtes.

Sa toilette contrastait étrangement avec celle des autres jeunes gens, presque tous fils de cultivateurs. Mais cette disparité ne nuisait en rien à l'entrain général. Un seul pourtant parmi tous ces jeunes gens paraissait embarrassé : c'était Jean Rivard. Cet embarras fut bien plus pénible encore lorsque, vers la fin de l'épluchette, le jeune et beau Monsieur Duval vint gracieusement offrir à Mademoiselle

Louise Routier un bel épi de blé-d'inde rouge

Notre défricheur, malgré toute sa vaillance, ne put supporter cette épreuve et passa brusquement dans la salle où devait commencer la danse.

Un autre ennui l'attendait là. On a déjà deviné que Mademoiselle Louise Routier fut la plus recherchée de toutes les jeunes danseuses. Gomme la plupart des personnes de son âge, elle aimait passionnément la danse. Elle jetait bien de temps en temps un regard sur notre défricheur qui jouait dans un coin le rôle de spectateur, mais elle ne pouvait trouver l'occasion d'aller lui dire un mot.

Ce qui causa le plus de malaise à Jean Rivard ce fut de voir sa Louise danser à plusieurs reprises avec M". Duval, qui paraissait- la considérer avec beaucoup d'intérêt et auquel celle-ci semblait quelquefois sourire de la manière la plus engageante. Chacun de ses sourires était comme un coup de poignard porté au cœur de noire héros. Tous les assistants remarquaient cette préférence accordée au jeune marchand, et les femmes qui vont vite en ces matières-là s'entretenaient déjà de leur futur mariage.

Enfin, Jean Rivard n'y put tenir plus longtemps, et vers neuf heures, sous prétexte de quelque affaire.

il fit ses adieux à Monsieur et à Madame Routier h o^^ t se retira. v ^y

Jean' Rivard regretta ce soir-là la solitude de sf abane de Louiseville.

De son côté, Mademoiselle Louise Routier devint oute soucieuse, du moment qu'elle s'aperçut du lépart de son ami. Elle com]Srit qu'elle l'avait né- ,4igé et s'en fit intérieurement des reproches. Sa inère ajouta à ces reproches en lui disant qu'elle î'aurait pas dû danser avec ce jeune homme pimpant qu'elle ne connaissait que de nom.

Cette veillée qui devait être si amusante fut donc me cause de chagrin et de regrets pour nos jeunes itnoureux.

Jean Rivard aimait sincèrement, mais il était fier 3t indépendant en amour comme eh t6ûf""Ie~resle. Dans son dépit, il résolut de laisser Grandpré sans iire~adieu à Louise. « Je lui écrirai quand je serai rendu, se dit-il ; on peut dire sur le papier beaucoup ie choses qu'on ne dirait pas de vive voix. »

Le soleil n'était pas encore levé que Jean Rivard était en route pour le Canton de Bristol.

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