SCÈNE V
JEANNE, AGNÈS, puis MADAME DE GAUCOURT.
AGNÈS, à elle-même.
Chassée!...
J BANNE, redescendant près d'Agnès.
On m'offensait 1 vous avez relevé L'offense ! Et moi, laissant à ce cœur éprouvé Son amère douleur, sans l'avoir adoucie, Je partais 1 J'en ai h>nte, et je vous remercie !
AGNÈS. j
Ah 1 garde ta pitié !... Le coup qui m'est porté
Me vient de toi ! Mon cœur, dupe de sa bonté,
A lui-même forgé l'arme qui le déchire !
Oui ! de nos passions le funeste délire
Souillerait ta candeur, profanerait ta foi!...
Va !... ce n'est pas le roi qui me chasse !... c'est toi t
JEANNE
Je vous plains 1...
Dieu puissant!... son or fe ueilleux langage M'avait jeté l'insulte et la honte au visage !. .. Elle était dans mes mains ! je pouvais la punir ! Et voilà que soudain j'en perds le souvenir ! Moi-même je m'oublie, et je parle pour elle ! Je lui soumets du roi l'indolence rebelle!
Et mon aveuglement, le poussant sur ses pas, Le mène à ce triomphe où je ne serai pas !
JEANNE
Quoi ! c'est par vous qu'au roi cette route est ouverte ! £t, faisant son salut, vous regrettez sa perte?...
AGNÈS
Sa f erte !.. ah ! tu dis vrai ! c'eût été trahison ! Pardonne ! je n'ai plus mon cœur ni ma raison ! Je te devais ma joie !... et ce n'est qu'à moi-même Que je dois ma douleur î... pardonne-moi ! je l'aime \