‹ Jeanne d'ArcChapitre 9 sur 123 · JACQUES, ISABELLE, THIBAUT · texte numérisé non relu

JACQUES, ISABELLE, THIBAUT

THIBAUT, paraissant a la porta du fond.

Dieu vous garde !

JACQUES

C'est lui !

Vous savez les nouvelles?

Des bandes de routiers, détrousseurs de gabelles, Houspilleurs, écorcbeurs, battent les alentours. Les gens de Yaucouleurs promettent du secours ; Mais il faut se garder.

JACQUES

Oui ! nos fuyards sans doute Attirent sur leurs pas tous ces coupeurs de roule.

THJRAUT*

Quels fuyards?

JACQUES

Nous ayons ici des malheureux.

Cbassés de leurs pays.*.. — D'où viens-tu doue ?

THIBAUT

De Greux*

Comme la nuit tombait, il m'est venu l'idée

Que Jeanne dans les champs pouvait s'être attardée.

Et, pour vous avertir, j'ai poussé jusqu'ici.

JACQUES

Je te suis obligé de prendre un tel souci ;

Jeanne est près d'un vieillard reçu dans ma chaumière. — * *

Mais il ne fait plus jour; femme, de la lumière.

ISABELLE, allumant une lampe.

Seigneur ! quand serons-nous hors de peine et d'effroi ?

JACQUES, à Thibaut.

J'ai plaisir à te voir et nous parlions de toi.

Je te connais, Thibaut, et te regarde comme

Un gars laborieux, rangé, probe, économe;

Le plus fin laboureur qui soit à Domrémy.

Ton père, dès longtemps, est mon meilleur ami.

Si donc, comme je crois, tu recherches ma fille,

Nous ferons désormais une même famille. —

Mais tu ne réponds pas et restes interdit !..

N'as-tu pas sur son cœur déjà quelque crédit?

T'éconduit-elle, ou bien m'abusé-je moi-même

En croyant que Thibaut la veut pour femme et l'aime ?

Parle-moi franchement comme je t'ai parlé.

THIBAUT. i

iïélas ! il est bien vrai que j'en suis affolé.

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