ACTE QUATRIÈME
La voilà maintenant qui va dans les batailles !
JEANNE
Ma mère!
CATHERINE
Et c'est bien vrai que tu te trouvais là, Sans peur, où des Anglais étaient tués ?
JEANNE, grarement.
Cela, Je Pai vu!... triste chose, hélas!... que rien n'efface !...
Baissant la toîx.
Et dont il faut parler doucement, à voix basse!
ISABELLE
liais tu pouvais mourir!...
JACQUES
N'as-tu jamais reçu De blessure?
JEANNE
Une fois !
ISABELLE
Dieu ! si je l'avais su !. ••
THIBAUT
Jeanne!... Et je n'étais pas là pour la défendre!
JEANNE
Va! c'est du sang humain qu'il t'eût fallu répandre?
Ne le regrette pas, Thibaut!... — Ah ! loin de nous Ces souvenirs de guerre !.. à des pensers plus doux Laissons aller notre âme! usons bien de cette heure i Vous ne m'ayez rien dit de ma chère demeure?
De mon petit jardin par l'église abrité?
Du jasmin qu'au midi j'ai moi-même planté?
A-t-on laissé, gardant ma place accoutumée Mon rouet, mes fuseaux? maison bien -aimée Gomme j'étais heureuse alors!... Je vous le dis, Au milieu de vous tous, j'étais en paradis!
JACQUES
Quoi ! ce jour glorieux où l'on te rend hommage Te laisse un souvenir pour ton pauvre village? Un peuple entier t'adore, et tu pleures!...
JEANNE
Hélas !
Vous, du moins, vous m'aimiez et ne m'adoriez pas ! Dieu juste !... et ce bonheur ne serait qu'éphémère!... Et demain, loin de vous!... Non 1 vision!... chimère! Je vous retrouve autour de moi! je vous entends! Ces guerres, ces combats, ces honneurs éclatants, Ces cris victorieux qui frappaient mon oreille, Songes que tout cela ! . .. j'ai rêvé ! je m'éveille ! Mon cœur entre vos bras s'est un jour endormi,