ACTE CINQUIÈME If
« 0 douleur! retombée en ton aveuglement,
« Nous t’avons déclarée hérétique et parjure,
« Et, de même qu’un membre atteint de pourriture « Est arrache du corps, nous t’arrachons ainsi,
« Du pouvoir séculier implorant la merci,
« Et le priant pour toi d’adoucir sa sentence,
« Si tu peux être encore admise à pénitence! »
JEANNE, en pleurant, 41 demi-voix.
O mes pauvres parents ! ô ma mère !...
JEAN d’ESTIVET.
Vado
In pace!...
JEANNE, d'une voix entrecoupée par les sanglots.
C’est fini!... mon Dieu!... — J’ai demandé Pardon de mes péchés à tous... — Moi, je pardonne A tout le monde. — Ilélas! accordez-moi l’aumône D’une messe, chacun! — Je requiers humblement Qu'on veuille bien prier pour moi le Dieu clément. —
O mes saintes!... pourquoi cette vaine espérance?...
Ah ! vous m’aviez pourtant promis ma délivrance,
Et je croyais en vous, et vous m’abandonnez !... .
L’émotion a gagné tout le monde j quelques juges pleurent. — Brown
seul reste impassible.
BROWN, à Gordon qui essuie uuo larme.
Tu pleures?
GORDON
Moi!...
WARWICK, d’une voix saccadée.
Bailli!... qu’attendez-vous?...
LE BAILLI, dans la plus grand trouble.
Menez!
Menez !
Au bourreau.
Fais ton devoir!
Les soldats qui ont amcoé Jeanno la conduisent au bûcher soutenue par frère Martin Lad venu.
BROWN, frayant le paasngc.
Arrière! qu’on recule!
JEAN D ESTIYET, sourdement.
Nous sommes perdus!... c’est une sainte qu'on brûle!
JEANNE, d’une voix faible.
Une croix!