‹ Jeanne d'ArcChapitre 22 sur 88 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Et devant cette épée il n’a pas tressailli!

Ello brandit l'épée, puis lu repose sur la tablo.

O maison ! humble toit de chaume ou l’iiirondelle Vient suspendre son nid à la saison nouvelle !

Meubles accoutumés, mon rouet, mes fuseaux !

Fenêtre où de la main j’appelais mes oiseaux !

Et toi, petit jardin, sous l'ombre de l’cglise;

Fête de mon enfance, éden, terre promise Où j’ai passé des jours si calmes et si doux,

Ce Dieu voudra-t-il donc me séparer de vous?

Toujours cette terreur ! toujours cette pensée Présente à mon esprit, aussitôt que chassée !

Je retiens mon haleine et je crains d’écouter,

Et je crois que toujours les voix vont éclater !...

Non ! tout se tait! tout dort ! — ah! Dieu seul est le maître ! Hélas! ma pauvre mère!... elle en mourrait peut-être ! Et lui !.. . pour me sauver comme il s’est élancé !..

Mais que dis-je?... Achevons le travail commencé.

Ella s’assied devant son rouet et file. — Après uu moment de silence.

Guerre impie !... ô noblesse insolente ou servile !... Orléans assiégé !... combien de temps la ville Peut-elle encor tenir?... — Si je croyais... — « Sans toi Point de secours! » — Qui sait ?... un messager du roi !

On entend le bruit des cloches; Jeanne se lève.

Nw 5.

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